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Projet de loi sur les violences sexuelles : des statistiques alarmantes

Une vue des députés ivoiriens à l'Assemblée nationale. (Image d'archives).

Un projet de loi relatif aux <<mesures de protection des victimes de violences domestiques, de viol et de violences sexuelles autres que domestiques >>, attend les députés ivoiriens. Quatorze articles sont même consacrés à ce phénomène qui affole toute la société ivoirienne au point qu'il suscite des rencontres, des ateliers et des plaidoyers. Au moment où l'actualité ivoirienne est secouée par une affaire de viol dans laquelle un ministre est incriminé. L'affaire suit son cours... en justice. Ce qui n'empêche pas de s'inquiéter vus les chiffres très alarmants.


Des statistiques alarmantes

En effet, ces violences documentées par la Direction des Droits de l'Homme font état de 1.129 cas de viol, entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2015, sur 1.146 victimes. Cela donne : 178 victimes dont 90 enfants en 2012 ; 462 victimes dont 296 enfants en 2014 et 170 victimes dont 136 enfants en 2015. Le Rapport de la DDH note également que la majorité des victimes des femmes et des filles dont 12 cas de viol ont été détectés sur des garçons et aucun cas à l'encontre d'hommes adultes. Environ 3.194 cas ont été rapportés en 2019 par le ministère de la Femme, de la famille et de l'enfant (Mffe), soit 693 cas de viol, 825 cas d'agressions physiques, 488 cas de violences psychologiques et émotionnelles, 970 cas dénis de ressources, opportunités, services, et 113 cas d'agressions sexuelles. Des cas regrettables, malgré les actions entreprises par l'État ivoirien. Des organisations locales et internationales mettent à l'index la << Justice de genre demeure élusives, en particulier pour les survivantes des VBG, en raison d'une forte culture d'impunité dans ce domaine.>> Malgré les efforts déployés, la violence contre les femmes et les filles (VFF) et les pratiques néfastes ont toujours un impact négatif sur leur vie, la plupart des cas étant résolus au niveau communautaire ou à travers des négociations au détriment de la victime. Autres statistiques alarmantes, en Côte d'Ivoire, la mortalité maternelle est encore à un niveau préoccupant. En attestent les chiffres de l'organisme dénommé Enquête de Démocratie et Santé (EDS), selon lequel en 2012, la mortalité maternelle est de 614 décès pour 100.000 naissances vivantes. En outre, 18% de cette mortalité maternelle sont liés aux avortements provoqués ; lesquelles grossesses avortées sont pour la grande majorité dues à des cas de viol et de violences. Faut-il le noter, la Côte d'Ivoire enregistre un taux de prévalence contraceptive estimée à 22%, selon la dernière étude du Performance Monitoring for Action de 2020. A noter aussi que malgré cette situation, notre pays ne dispose toujours pas d'une loi en Santé de la Reproduction (SR), malgré la ratification du protocole de Maputo par décret n°2011-226 du 16 septembre 2011 et publication au Journal officiel en 2012 par le gouvernement ivoirien. Selon les participants à cet atelier, l'absence d'une loi SR constitue toujours un obstacle majeur pour l'accès des femmes, des jeunes filles et des adolescents survivants de VBG aux services de qualité en matière de santé sexuelle et de la reproduction.


Haity

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