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Côte d'Ivoire: les fêtes de Pâques, jours de retrouvailles pour le peuple Baoulé

Une scène m’a marqué avant-hier chez ma cousine qui employait une femme baoulé de ménage et je vais vous raconter ce qui m’a sidéré.

On vient d’annoncer le décès du père de la patronne de ce que les ivoiriens appellent servante. De son travail, elle fonce directement en famille pour constater le décès de son géniteur, qui est aussi, un parent très proche. En pleine émotion où les larmes ne font que couler, son téléphone sonne et c’est sa servante qui lui annonce qu’à la suite d’un incident, elle a porté violemment main à son fils.

Ma cousine se rapproche de moi tout affolée et quelques instants plus tard, je lui demande de l’accompagner chez elle pour voir ce qui s’y est passé pour que la servante porte main violemment à son fils pour qui, elle est payée.

Sur les lieux, c’est-à-dire à son domicile, la servante fait monter la tension et c’est la panique. Elle n’est que là depuis 1 mois et elle insiste à partir, quitter le travail, il est 22h. Pour les raisons de la dispute qui a occasionné la gifle, elle est incapable de se justifier et l’enfant montre des traces de la main de la servante sur son visage. Il se fait tard et la cousine en question, n’a pas de rechange avec, en plus le décès de son père, que faire ?

On a tout fait, la jeune dame baoulé dit niet qu’elle veut partir cette nuit-là même. J’interviens pour lui dire de lui remettre son salaire. Elle voulait la traduire à la police, mais je l’en dissuade. Elle prend se deux petits bagages et elle descend les escaliers deux à trois.

C’est maintenant que je fais la corrélation. La jeune dame est baoulé et c’est leur fête, la fête de Pâques, sans doute qu’elle voulait juste un peu d’argent de poche, pour se rendre dans son village et ne sachant que faire, elle a inventé de toute pièce cette tragédie et si je n’étais pas là et que sa patronne voulait la traduire au poste de police avec les preuves avérées, elle allait faire comment ? En Côte d’Ivoire, aucun baoulé ne veut rater sa fête et surtout que c’est des retrouvailles.

Alors j’ai cherché à pousser ma curiosité. Les baoulé sont d’ordinaires des travailleurs champêtres pour la plupart. Comme il n’y a plus de terres cultivables chez eux, beaucoup ont immigré dans les zones forestières et ils ne reviennent que pendant la période de Pâques, qu’ils appellent : Paquinou. C’est au cours de ces vacances, qu’ils procèdent à des rituels de vénérations des mânes de leurs ancêtres, présenter leurs butins aux esprits, certains en profitent pour convoler en noce avec leurs dulcinées, par des mariages et surtout pour les retrouvailles, sans doute que la jeune dame voulait partir et a choisi, la voie qu’il ne fallait pas emprunter, mais j’ai porté mon intervention, elle est partie.

On me fait entendre que, pendant le weekend pascal, il ne faut pas retenir les femmes baoulé qui travaillent, peu importe leurs fonctions, il ne faut pas chercher à retenir, un baoulé ou une baoulé, leur fête passe avant tout et les gares routières sont bondées de monde.

J’ai compris et je vais faire passer le message désormais qu’en période de weekend pascal, il ne faut jamais retenir un baoulé ou une femme baoulé, vous risquez d’envenimer vos relations professionnelles. Est-ce qu’elle était obligée de procéder par la violence sur l’enfant pour lequel elle était payée ? C’est la période de la fête de Paquinou et bonne fête aux baoulé !

                                                           Joël ETTIEN

Content created and supplied by: BusinessActuality (via Opera News )

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