Sign in
Download Opera News App

 

 

Orpaillage en Côte d'Ivoire : 2 burkinabè jugés pour trafic d'enfants


        Courant Mars 2021. Depuis un site d'orpaillage en Côte d'Ivoire, un monsieur contacte son cousin résidant au Burkina Faso :


- Bonjour couso Ouédraogo. J'ai urgemment besoin de travailleurs burkinabè pour exercer dans la recherche de l'or. Peux-tu me les faire venir ici ?


      

        Ouédraogo accepte la mission. À Ouagadougou, il fait appel à Arouna, l'un de ses amis qui procède très rapidement aux recrues, faisant partir en terre d'Eburnie, trois enfants de 17 ans répondant aux noms de Omar, Souleymane et Aziz. Ces trois enfants travaillent pendant 3 mois sur un site d'orpaillage au pays d'Alassane Ouattara... Après cette période, ils font leur retour au bercail, désillusionnés. Au Tribunal de Grande Instance de Ouaga 2 où ils passent à la barre ce mercredi 14 Juillet 2021 en qualité de partie civile sous la coupole de leurs parents, on ne nous dit pas par quel procédé les gosses ont pu être ramenés vers leur pays d'origine pour être confrontés à Ouédraogo et Arouna, accusés de trafic d'enfants et présents eux aussi au parquet pour assurer leurs défenses. On devine que les deux hommes ont dû être interpellés après une enquête policière due à une plainte des parents après le constat de la disparition de leurs rejetons. En effet, les parents des trois victimes ont déclaré unanimement au juge : « Nos enfants sont allés à notre insu. Nous n'avons jamais demandé qu'on les envoit en Côte d'Ivoire ! »



       Les enfants sont interrogés par les juges : 


- Que vous a-t-on promis pour que vous acceptiez de faire le voyage vers la Côte d'Ivoire ?


- On nous a dit qu'on sera payé à 50.000 francs par mois. Mais nous avons travaillé pendant 3 mois sans recevoir un centime. 


- Et qui vous a dit que votre salaire sera de 50.000 ?


- C'est Arouna. 


        Il y a quelques jours, j'ai publié une analyse sur la vulnérabilité des enfants mendiants qui pullulent les villes du Burkina et qui pourraient être très perméables aux propositions alléchantes peu orthodoxes. Je parlais de leur porosité pour le djihadisme. Et voilà que pour mon premier procès au palais de Ouaga 2, on me sert une affaire de recrue d'enfants vers un site d'orpaillage, à plus de 1000 kilomètres plus loin, contre une promesse salariale de 50.000 francs seulement ! Pour cette somme dérisoire, les gosses n'ont pas hésité à s'envoler dans le dos de leurs parents, en catimini. Il y a parmi eux, un élève en classe de 4ème peinant à s'exprimer en français, un mécanicien, le troisième étant sans activité. Qui sait, si ce n'est pas un «garibou» ?


        Plébiscités par leurs parents qui se sont faits leurs porte-voix, chacun des enfants a demandé un dédommagement de 150.000 francs aux prévenus, au cas où ces derniers sont reconnus coupables. Les juges rendront leur délibéré ce 21 Juillet 2021. 


Louis-César BANCÉ



Content created and supplied by: LouisCésarBANCE (via Opera News )

burkina faso côte d'ivoire ouagadougou

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires