Sign in
Download Opera News App

 

 

2 semaines après avoir été agressée au couteau à domicile, elle rencontre son bandit dans la rue


La nuit du 8 Avril 2021 n'a pas été facile pour Rokia, une jeune fille ivoirienne domiciliée à Yopougon, en cohabitation avec sa sœur, dans un studio américain. Peu avant 2 heures du matin, elle a reçu la visite d'un bandit ayant fait intrusion à son domicile en la menaçant avec une arme blanche, l'intimant l'ordre de lui donner son téléphone portable et tout ce qu'elle avait comme argent :

- Si tu ne t'exécutes pas, je vais te tuer ! Je vais te trancher la gorge ! a menacé le malfaiteur en pointant une arme vers sa gorge, agressif.


Brutalisée et très apeurée, Rokia a cédé, se faisant spolier son iPhone 11, les 100.000 francs qu'elle avait en sa possession ainsi qu'un sac à dos appartenant à sa sœur. Pendant les minutes du déroulement de la scène, elle a scanné indébilement dans son esprit cette tronche qui l'attaquait à visage découvert.


En quittant le studio, l'aventurier s'est introduit chez la voisine où il a trouvé une porte ouverte, y emportant 50.000 francs.

Plus tard les deux malheureuses victimes se sont parlé, se racontant leurs infortunes. Seule Rokia a pu voir le visage du cambrioleur, contrairement à sa voisine qui a été volée dans le dos...


**

Deux semaines après, alors que Rokia marche tranquillement dans une ruelle de son quartier, elle rencontre un jeune homme dont le visage lui dit quelque chose. Tiens, n'est-ce pas son agresseur de la nuit du 8 qui est là ? Pour en avoir le cœur net et avant que le quidam ne soit hors de portée, elle sollicite rapidement le concours de deux riverains, deux hommes imposants :

- J'ai été agressée à domicile il y a deux semaines. Il me semble que c'est mon braqueur qui est en train de passer comme ça. Pouvez-vous l'arrêter s'il vous plaît, afin que je le regarde bien de face et me rassurer qu'il s'agit vraiment de lui ?


Sans hésitation, les deux hommes se sont exécutés, rattrapant le suspect et le mettant en respect. Puis Rokia de bien le regarder en se montrant formelle : « il n'y a aucun doute, il s'agit bel et bien du jeune homme qui m'a agressée la nuit du 8 au 9 Avril ! »


Conduit au commissariat, le suspect y fera sa déposition en disant s'appeler Kouadio Alex. Mais les enquêtes révéleront que ce n'est pas son vrai nom et qu'en réalité il s'appelle B. Karim. Conduit à la MACA le 23 Avril, il s'est présenté au tribunal ce mercredi 28 Avril, confronté aux deux femmes volées.

- Où étiez-vous la nuit du 8 au 9 Avril ? lui a demandé le juge.

- Je suis un vigile de profession. J'étais au travail cette nuit-là, à Bingerville. Je suis innocent, je n'ai pas agressé cette femme ni volé personne. Elle me confond à quelqu'un d'autre.

- Avez-vous un témoin, un nom que vous pouvez donner et avec qui vous vous trouviez la nuit du 8 Avril ?

- Oui, j'étais avec mon collègue, il s'appelle Tagro Désiré.

- Mais vous n'avez pas mentionné cela dans votre PV. Et pourquoi ce Tagro n'est-il pas venu au commissariat pour vous blanchir le jour de votre identification par la plaignante ?


Le prévenu n'a su quoi répondre à cette question décisive. Même au procès, aucune ombre de ce Tagro avec qui il se défend avoir été la nuit des faits accablants. Et le procureur de bondir :

- En psychanalyse, on oublie tout ce qui n'est pas important. B. Karim, j'aimerais savoir. Pourquoi avoir dit vous appeler Kouadio Alex le jour de votre arrestation. Pourquoi avoir donné un faux nom plutôt que de décliner votre vraie identité ?

- Je ne sais pas monsieur...

- En réalité c'est parce que vous avez quelque chose à vous reprocher. Lorsqu'on vous arrête sous prétexte que vous avez braqué une maison, sereinement, vous vous presentez en déclinant votre identité à l'État civil. C'est ce que ferait tout citoyen honnête ! Mais conscient que vous avez menacé votre victime avec un couteau à la gorge en disant pouvoir la tuer, vous avez cru vous mettre à l'abri en donnant un faux nom. C'est une panique révélatrice de votre culpabilité !


B. Karim n'ayant pas pu donner du fil à retordre aux magistrats avec en sus un témoin qu'il a évoqué et que personne n'a jamais vu, il a été déclaré coupable par le tribunal et condamné à 5 ans de prison, 450.000 francs à payer à Rokia, 150.000 francs à la deuxième victime, les deux sommes représentant ce qu'elles ont demandées au parquet pour les supplices qu'elles ont subies.


Louis-César BANCÉ

[email protected]

Content created and supplied by: LouisCésarBANCE (via Opera News )

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires