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"Des génies vivent sous le troisième pont", selon des témoignages d'habitants de Bamako à l'AFP

A Bamako, la capitale malienne, le pont qui enjambe le fleuve Niger abriterait des génies. C'est ce que croient fermement des habitants. Ils y font des sacrifices divers, comme l'a constaté l'Agence France Presse (AFP) dans un reportage publié mercredi 28 juillet 2021 et repris par plusieurs médias. 

Inauguré officiellement par l'ancien président Amadou Toumani Touré (ATT) en septembre 2011, lors du 51ème anniversaire de l'indépendance, l'ouvrage surnommé le "troisième pont" ou le "pont chinois" relie le quartier de la Commune III à Badalabougou. Il a été financé par la Chine. 

Des habitants de Bamako croient dur comme fer que les "djinns" (génies) vivent à cet endroit du fleuve, devenu depuis lors un lieu sacré. «Il y a les mauvais esprits là-bas, ils prennent les gens et leur moto pour les aspirer dans le fleuve», a confié Boucary Sagara à l'AFP. Pour cela, il n'emprunte jamais ce pont. Comme plusieurs autres habitants hantés par la peur, il préfère effectuer un détour d'environ trente minutes pour contourner l'imposante structure en béton longue de plus d'un kilomètre et demi. 

Pourtant, d'autres personnes se rendent à l'endroit du pont appelé "Souta Dounou", presque chaque jour. Ils vont faire des sacrifices d'animaux sur les roches noires qui émergent de l'eau, sur la rive.

Assa Camara, une femme âgée d'une cinquantaine d'années fait partie de celles qui exécutent le rituel, parée d'amulettes. Chèvres, moutons, poulets et bœufs font partie des animaux offerts aux génies.

(Un homme plume un poulet offert aux génies sous le "troisième pont" de Bamako)

"Ce matin-là, une femme est venue lui offrir, pour qu'elle implore le génie, deux poulets, trois œufs, deux cigarettes et du lait», relate l'AFP. Tandis qu'un autre est venu, quant à lui, déverser dans les eaux un sac de médicaments en guise de cadeau aux génies. Il a déclaré que c'était pour conjurer un mauvais sort que quelqu'un lui aurait lancé par l'entremise d'un marabout. 

Comme preuve de l'existence de génies en cet endroit du pont, les adeptes de cette croyance populaire pointent les noyades, les suicides ou les accidents qui y ont eu lieu. Certains affirment y avoir aperçu une sirène, et d'autres parlent d'un village englouti, ou plus invraisemblable encore, l'énorme main du génie qui attraperait les motocyclistes qui passent là. 

Belco Ouologem, directeur de l'Institut Confucius de Bamako explique cependant que tout ceci n'est qu'un mythe. «La réalité a été mise au jour quand les Chinois ont construit le pont. (...). L'entreprise a fait des études avec un robot dans le fleuve. Ils ont découvert la présence d'un grand trou qui mène à une nappe phréatique. Ce trou fait tourbillonner l'eau et aspire ce qui y tombe. C'est un phénomène classique. Les ingénieurs chinois ont construit des ponts sur la mer. Ce ne sont pas des djinns maliens qui allaient les arrêter», fait-il savoir. Il ajoute que des panneaux d'information avaient été installés lors de la construction pour expliquer la géologie du lieu. 

Il n'empêche, il semble que cela n'a pas été suffisant pour convaincre tout le monde. Puisque d'autres personnes comme Aliou Diarra croient que les Chinois ont fait des sacrifices avant de construire ce pont. Et d'affirmer que ce n'est pas bon de trop remuer les choses, au risque que les génies se fâchent.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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