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Accusé de désobeissance civile, Diop, un ivoirien de 34 ans se justifie devant le juge


Les procès relatifs à la désobéissance civile semblent ne pas aller vers l'agonie tant les prévenus sont encore nombreux à comparaître, détenus à la MACA en attendant le dénouement de leurs dossiers.


Ce vendredi 23 Avril 2021 au tribunal du Plateau, 13 heures, il y a eu deux cas portant sur la désobéissance civile de la période électorale d'Otobre 2020, qui ont été jugés.


Le 22 Octobre 2020, Diop, jeune ivoirien de 34 ans, a été interpellé par la Police pour avoir mis le feu à un pneu sur la voie du boulevard de France ainsi que procédé à la mise en place de barricades. Arrêté par des éléments du commissariat du 8ème arrondissement, Diop a été conduit à la MACA. Interrogé par le juge six mois après son forfait, ce vendredi 23, il a dit n'avoir pas brûlé de pneu mais plutôt une poubelle à l'aide de son briquet. Ses déclarations dans le PV attestent pourtant qu'il s'agissait de mise à feu à un pneu sur une voie publique en pleine désobéissance civile de l'opposition. Diop a justifié son acte en ces termes :

- Je n'ai pas mis le feu dans le cadre de la désobéissance civile. La veille, j'étais allé chauffer avec ma petite amie. J'avais beaucoup bu. J'étais donc très ivre. En plus ma copine et moi nous étions disputés, et j'étais en colère. Ça m'a fait disjoncter.

- C'est pour cela vous avez mis le feu au domaine public en plein midi ainsi que barré la route ?

- Je m'en excuse monsieur le président, j'étais ivre. En plus de l'alcool, la dispute avec ma copine m'a fait déconner...


Le ministère public accuse Diop de troubles à l'ordre public et d'incitation des ivoiriens à désobéir à l'ordre légitime. Les deux avocats du prévenu ont plaidé la clémence du juge :

- Monsieur le président, Diop reconnaît les faits à lui reprochés, et les regrette. Je voudrais qu'il plaise au tribunal de lui accorder des circonstances atténuantes. C'est un délinquant primaire, c'est la première fois qu'il comparaît devant un parquet. Le pays a tourné la page de la crise. Le président de la République est installé, reconduit pour son troisième mandat. Les mots qu'il faille promouvoir actuellement, ce sont la paix, la réconciliation...


Madame la procureure, parée de son gros cache-nez, la bouche évitant le micro et d'une voix inaudible, a suggéré la condamnation de Diop à une peine que nous avions du mal à saisir depuis l'assistance.


Le tribunal a pris acte du plaidoyer des avocats du prévenu en renvoyant le procès au 14 mai 2021 pour le délibéré. Diop sera-t-il libéré ou relaxé ?


Louis-César BANCÉ

[email protected]



Content created and supplied by: LouisCésarBANCE (via Opera News )

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