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Un ancien patron du football africain jugé pour crime de guerre

L'ancien chef de la fédération de football de la République centrafricaine (RCA), Patrice-Edouard Ngaïssona, a plaidé non coupable de crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI).

M. Ngaïssona, qui dirigeait un groupe anti-Balaka principalement chrétien, a également nié les accusations de crimes contre l'humanité.

Lui et Alfred Yekatom sont accusés d'avoir coordonné des attaques contre la population musulmane du pays en 2013-2014.

La violence continue de sévir en RCA, dont les deux tiers sont aux mains des rebelles.

L'ancienne colonie française a été plongée dans la tourmente en 2013 lorsque des rebelles majoritairement musulmans du groupe Séléka ont pris le pouvoir dans le pays à majorité chrétienne.

Un groupe de milices essentiellement chrétiennes, appelé les anti-Balaka, s'est levé pour contrer la Séléka après l'éviction du président de l'époque, François Bozizé.

Bien que M. Bozizé ne soit pas jugé, le parquet a allégué qu'après avoir été évincé en mars 2013, lui et son entourage avaient commencé à «organiser leur résistance» depuis le Cameroun voisin «pour assurer son retour au pouvoir à tout prix».

M. Bozizé, rentré en RCA en 2019, n'a pas encore commenté l'allégation.

Quelle est l'affaire contre l'accusé?

Le couple est accusé de nombreux crimes, y compris le meurtre, la torture et l'enrôlement d'enfants comme soldats.

L'accusation a exposé le prétendu système de commandement, affirmant que M. Ngaïssona avait fourni des fonds et des instructions aux groupes anti-Balaka en 2013 et 2014.

M. Yekatom, surnommé Rambo, était un commandant qui aurait conduit des combattants à Bangui le 5 décembre 2013, où des civils ont été massacrés.

L'accusation a déclaré que la stratégie du couple était de faire de tous les musulmans leur cible, pas seulement des combattants de la Séléka, en tant que soi-disant "ennemis de la nation".

M. Yekatom a autorisé ses combattants à attaquer des civils musulmans, notamment à leur trancher la gorge, à se couper les oreilles et à enterrer les gens vivants, selon l'accusation.

Invités à plaider au début du procès, les deux hommes ont répondu qu'ils rejetaient toutes les charges.

Qui est Patrice-Edouard Ngaïssona?

Il était le coordinateur politique autoproclamé des forces anti-Balaka.

M. Ngaïssona s'est vu interdire de se présenter à la présidence de la RCA en 2015 en raison de son rôle présumé dans les atrocités.

Il est ancien chef de la fédération de football de la RCA et a brièvement été ministre des Sports avant d'être élu à la Confédération africaine de football (Caf) en février 2018.

Sa nomination a été critiquée par plusieurs groupes de défense des droits humains.

"Si les allégations étaient vraies, je ne serais pas ici aujourd'hui", avait-il déclaré à l'agence de presse AFP à l'époque. "[Je ne] mélange pas la politique et le sport - tout ce que j'ai fait a été pour le bien de mon pays."

Les autorités françaises l'ont arrêté en décembre 2018 et il a été transféré à la CPI en janvier 2019.

Source: BBC Afrique

Content created and supplied by: Hermann_Bouho (via Opera News )

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