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"Vigiles" : beaucoup de restrictions et de risques pour des salaires et avantages assez minables

Postés devant les entrées d’établissements bancaires, supermarchés et autres entreprises publiques et privées, les agents des sociétés de gardiennage, encore appelés «vigiles», jouent-en plus des forces de l’ordre- un rôle primordial dans la lutte contre la criminalité en Côte d’Ivoire. Malheureusement, leurs efforts ne sont pas toujours récompensés puisque leurs conditions de travail et de vie laissent à désirer.

Hormis le salaire qui ne vaut pas le SMIG en Côte d’Ivoire, qui est de 60 000 FCFA, les vigiles se plaignent assez fréquemment du temps de travail qui, pour eux, est au-delà des normes édictées par le droit du travail. Ainsi, lorsqu'ils montent à 6h, c’est le lendemain à 6h qu'ils descendent, c’est-à-dire qu'ils travaillent 24h d’affilée, sans même un temps de repos. Pour se protéger du soleil ardent qui s’abat à cette heure de la journée, les vigiles sont obligés de se ‘’débrouiller’’ sur la dalle du bâtiment où ils travaillent.

Outre l’environnement d’insécurité dans lequel baignent les vigiles, parce qu’il ne leur ait pas permis d’être armés, ces derniers disent être victimes de la mauvaise foi de leurs employeurs. Car en effet, très rare sont ceux qui sont déclarés à la Couverture Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS).

Pour revenir sur leur armement, dans les textes et arrêtés régissant les activités privées de sécurité, notamment le décret n°2005-73 du 03 février 2005, il est interdit aux entreprises privées de sécurité d’utiliser, dans l’exercice de leurs activités, des véhicules autres que ceux répondants aux normes en la matière. L’utilisation de vitres teintées est également interdite. Et en aucun cas, un véhicule d’intervention ne pourra être utilisé à une fin autre que celle pour laquelle il est normalement destiné. Il est particulièrement interdit d’utiliser un véhicule dont l’état nécessite des réparations. Il est aussi interdit d’utiliser des émetteurs-récepteurs à synthétiseurs de fréquences et des radios à balayage de fréquences et l'usage d’armes à feu, par les agents des entreprises privées de sécurité, dans le cadre des activités de garde rapprochée, n’est autorisé que dans le cas de légitime défense. Et même le recours à des chiens dressés est autorisé dans certaines conditions. Ainsi, ils ne disposent que de pouvoir reconnu à un citoyen qui surprend un voleur sur les faits. Dans ces circonstances, ils courent d'énormes risques. En effet, en janvier 2015, le corps d'un agent de sécurité avait été trouvé sur le toit d'une maison à Abobo, comme l'indique l'image ci-dessous.

Devant ces tristes et douloureuses réalités, on se demande quelle est la part de responsabilités des autorités dans cette affaire, soit en tant que complice, soit en tant que spectateurs regardant le droit du travail sauvagement violé dans le cadre des activités privées de sécurité. Il faut que l’Etat s’implique véritablement dans ce secteur d’activité pour qu’il soit revalorisé afin que les jeunes s’y intéressent. Cela pourrait dans une certaine mesure participer à la lutte contre le chômage.

Andromède-de-Châteaubriand

Content created and supplied by: Andromède-de-Chateaubriand (via Opera News )

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