Sign in
Download Opera News App

 

 

Voilà comment les embouteillages sont créés, ce n'est pas qu'un problème d'accident ou de route

Il n'y a rien de plus désagréable que d'être pris dans un énorme embouteillage, surtout dans les transports en commun, sous une grosse chaleur. On envie presque les piétons... Ce n'est pas seulement qu'à Abidjan qu'on vit ce genre de situation. Toutes les grandes villes du monde sont en général confrontées à ce phénomène, notamment aux heures de pointe. Le plus curieux, c'est que parfois, il n'y a aucun accident, aucun péage sur la voie. Bref, aucune raison apparente.

Pour comprendre ce phénomène, l'enseignant-chercheur en Physique à l'école d'ingénieurs ECE Paris, Waleed Mouhal a donné des éléments de réponse au média The Conversation, repris vendredi 9 juillet 2021 par Ouest France. En dehors des accidents, il y a d'autres raisons. 

Le chercheur explique que, lors d'une circulation routière dense, si un conducteur change de file, le véhicule qui le suit ralenti pour le laisser s'insérer. Et cette action (de freinage) se répercute "petit à petit et de façon graduelle" sur les autres véhicules qui suivent. «Si le premier véhicule a réduit sa vitesse de 10%, le dixième véhicule aura diminué la sienne d'au moins 20% pour des raisons de sécurité (...), mais également par réflexe de préservation. Si bien qu'au bout de plusieurs mètres, un bouchon se créera inéluctablement», indique le physicien. Ce phénomène est connu sous le nom "effet papillon" ou "effet chenille". On appelle cela les embouteillages en accordéon.

(Les embouteillages peuvent être dûs également au changement de files, comme ici à l'entrée du Plateau, sur le boulevard lagunaire)

Il peut aussi y avoir l'effet de curiosité. Par exemple, un conducteur ralenti pour observer une scène qui se déroule en bordure de route. À cela s'ajoutent les routes dégradées (nids de poule) ou les travaux de réaménagement de la chaussée.

L'un des paradoxes serait également dû aux voies express. Puisque les automobilistes ont tous tendance à les emprunter, ce qui crée d'autres bouchons. C'est le "paradoxe de Braess", développé par le mathématicien du même nom.

Outre les désagréments qu'ils nous créent, les embouteillages ont des conséquences économiques, sociales, logistiques, sanitaires et écologiques. Par exemple, en août 2010, un embouteillage à Pékin a duré 12 jours, soit environ deux semaines. Il s'étendait sur une distance de plus de 100 kms. Ce bouchon hors norme avait été provoqué par des camions transportant du matériel pour les travaux d'une autoroute (G110). 

Malheureusement, on ne peut pas prévoir un embouteillage ou l'éviter. La solution, selon Waleed Mouhal est de conserver une distance réglementaire entre les véhicules dans la circulation, éviter de s'immobiliser suite à un ralentissement. Le système de transport intelligent serait envisagé comme une solution, permettant d'éviter les erreurs d'appréciation humaine.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

abidjan

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires