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Entre colère et précarité, 3 jours après, le calvaire des familles déguerpies à Yopougon

Par Richard Gallet

Les mots sont lourds , les gorges étreintes par l'émotion. Les familles du quartier Mamie Faitai, à Yopougon magasin, sont en plein désarroi, dégoûtées et écœurées par le spectacle servi, le lundi 6 Août, par le ministère de la construction et de l'urbanisme. 


Trois jours après le passage des engins qui ont réduit en un champ de bataille le site de Mamie Faitai, des familles encore sur les lieux tentent de se reconstruire une vie, dans cette précarité


" Nous n'avons nulle part où aller, explique un habitant trouvé sur les lieux. Les rares familles qui pouvaient ont quitté les lieux, d'autres se sont dispersées", déclare O. Drissa 56 ans, livré à la solitude au lendemain du départ de sa femme et de 4 quatre progénitures, au milieu des décombres tentant d'y extraire des matériaux en vue de se reconstruire un abri en attendant un meilleur sort. 

Des abris de fortune faits de nattes et bâches parsèment le paysage autrefois constitué de plus d'une centaine de maisons qui jouxtaient le marché, pas touché par la mesure de deguerpissement. Un air de misère accrue règne sur ce site situé sous de hautes tensions. " On dort à la belle étoile, enfants et femme, on fait tout au vu et au su de tous" lâche Diabaté Ousmane 65 ans, quincaillier. 


Selon une estimation faite par les habitants, le déguerpissement a jeté à la rue près 300 familles mais il est "plausible" qu'il reste plausible que ce chiffre soit revu à la hausse après le recensement que s'apprête à établir un collectif de déguerpis. 


Dans ce spectacle de désolation un éclairci : le marché et la seule école du secteur ont été épargnés. Plus d'une centaine d'élèves, principlament ceux du quartier y fréquentent. Plus pour longtemps. " Où resteront-ils en cette veille du début de l'année scolaire pour se rendre à l'école, questionne l'air sourcilleux M. Diomandé. Il n'a pas de mal à avouer qu'il lui sera difficile de scolariser ses 3 enfants cette année, son commerce de revendeur d'articles étant démoli. 


Longtemps abasourdi par le chagrin, l'homme s'est résolu à livrer ses enfants à la débrouillardise. Sur les débris en quête de tige de métal et de fils électriques, une dizaine d'enfants, filles et garçons, sous ces hautes lignes de tension provenant de la centrale thermique d'Azito, côtoient la maladie et la mort. 

" Nous revendons à hauteur de 1000 francs le kilogramme pour le métal et 1500 ou 2000 francs pour les fils électriques" affirme Ibrahim 10 ans assis sous un soleil de plomb. Souvent les pointes nous blessent, le courant nous secoue aussi, mais sans grand dommage pour l'instant" avoue l'ainé de la bande. Ce risque, ces enfants l'encourent depuis lors pour aider à l'achat des provisions de leurs différentes familles.


Mais pour nombre de membres de cette communauté, l'avenir reste cependant incertain, assombri par le chagrin et l'anxiété. Les appels à l'aide en direction des organisations et structures de secours se mutiplient. Un seul mot d'ordre : survie et dignité.  


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Content created and supplied by: GALLETRICHARD (via Opera News )

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