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Accidents, problèmes des chauffeurs… : Abdoulaye Sylla interpelle le ministre Amadou Koné

Abdoulaye Sylla est le président de la Fédération nationale des syndicats de chauffeurs de Côte d’Ivoire (FENSCI). Après avoir été chauffeur de mini car pendant dix ans et les cars vers l’intérieur du pays, pendant neuf ans, celui qui obtenu son permis, il y a de cela 41 ans, a créé ladite fédération pour améliorer les conditions de vie des chauffeurs. Face aux problèmes du secteur, il parle. Interview.

 

Quelle est la situation des chauffeurs aujourd’hui ?

Les conducteurs souffrent. Ils n’ont pas de salaires décents, ils ont des problèmes de contrat de travail avec leurs propriétaires. Toutefois, il y a des améliorations. Aujourd’hui, on ne peut pas renvoyer des chauffeurs, sans aucune formalité. Nous intervenons régulièrement afin que les droits des conducteurs soient respectés par des propriétaires de véhicules. En outre, nous sensibilisons les acteurs pour redorer le blason de notre corporation.

La formation des chauffeurs actuels est décriée. Quelle réaction ?

A l’époque, j’ai fait sept mois à l’auto-école et c’est au 8è mois que j’ai pu obtenir mon permis de conduire. Du coup, on pouvait donc réciter le code de la route. Mais, aujourd’hui, tout le monde est pressé. L’administration veut éditer beaucoup de permis pour avoir assez d’argent. Des usagers sont pressés et ne veulent pas durer à l’auto-école. Même les panneaux de stationnement interdit sont méconnus. Des chauffeurs ne connaissent même pas les lignes continues… Car, ils obtiennent le permis de conduire en deux semaines. Si après l’acquisition rapide du permis, il y avait une seconde formation de perfectionnement, alors les conducteurs pouvaient s’améliorer. Or, ce n’est pas le cas. La plupart des chauffeurs ne sont donc pas professionnels. C’est déplorable.

Quelles solutions face à la mauvaise formation des conducteurs ?

Certes, le ministre des Transports, Amadou Koné, a suspendu les inspecteurs d’auto-écoles pour trois mois et confié les examens du code de conduite aux gendarmes. En outre, le ministre veut que les conducteurs passent par les centres de formation de la Sotra. Mais, est-ce que ces mesures sont efficaces ? Le centre de formation de la Sotra peut-il recevoir à lui seul les six millions de conducteurs ? Qui va payer pour les conducteurs ? Car si les coûts de la formation sont élevés, aucun chauffeur ne va s’y rendre. Il y a beaucoup de mesures, toutefois, il importe d’aller avec prudence.

Par ailleurs pour que ces mesures soient efficaces, il faut  associer les vrais acteurs à la prise des décisions.

 Vous n’avez pas été associés à la prise des mesures ?

Non, les conducteurs n’ont pas été associés.

Aussi, le ministre doit comprendre que le trafic en Côte d’Ivoire est très important. Quand le trafic est dense, il peut avoir des accidents. Il faut toutefois sensibiliser et rechercher la bonne méthodologie afin plutôt de réduire les accidents, parce qu’on ne peut pas les éradiquer dans un pays comme la Côte d’Ivoire.

Grâce à l’Etat, les routes sont libres. Les chauffeurs peuvent aller partout. Le fait que les conducteurs et les passagers sont pressés, occasionne des accidents.


Quelles solutions pour réduire les nombreux accidents mortels ?

Les accidents ne sont pas une fatalité. L’une des causes, c’est que les chauffeurs ne sont pas du tout professionnels. Ils ont appris, pour la plupart, sur le tas. Ils ne connaissent pas suffisamment les règles du code de la route. Cependant, ils ne sont pas les seuls responsables. La situation des accidents est partagée à cinq niveaux. Il y a d’abord, le ministère des Transports, à travers la direction générale des transports terres (DGTTC). Ensuite, il y a les propriétaires des véhicules. Quand vous employez un chauffeur et que vous lui dites, après la recette, il faut chercher ton salaire. C’est donc normal que ce conducteur roule n’importe comment. Il doit chercher de quoi à nourrir sa famille.

C’est pourquoi, nous attendons toujours le ministre, au niveau de la convention interprofessionnelle des conducteurs qui est une réalité, dans des pays voisins. Lorsque le ministre avait été nommé, il avait montré de bonnes dispositions concernant ce texte. Depuis, plus rien.

En sus, il y a les forces de l’ordre. Avant, en rase campagne, une fois qu’un agent siffle un chauffeur, il lui pose des questions pour savoir s’il roule convenablement ou pas. Il lui prodigue aussi des conseils. Les forces de l’ordre n’ont pas pour seul rôle de verbaliser. Ils doivent plutôt conseiller, éduquer. Ce qui n’est plus le cas. Aujourd’hui, des agents se cachent pour pourvoir verbaliser des conducteurs. 

Au niveau des conducteurs qui sont responsables à 90% des accidents, leur responsabilité est engagée à cause de la recherche effrénée de gain. Le chauffeur cherche à faire plusieurs voyages pour avoir plus d’argent. C’est ce qui explique que des conducteurs de poids lourds, de mini-car (‘’Gbaka’’), de taxis, etc. roulent mal sur les routes. Certes, ils sont très mal payés par leurs propriétaires, mais ils doivent connaître leur responsabilité.

Enfin, il y a les passagers qui poussent souvent des chauffeurs à rouler plus vite.

Au total, les responsabilités sont partagées à divers niveaux. On a besoin de grands ateliers pour faire ressortir tous les maux.

 

Que pensez-vous des autres usagers, notamment les conducteurs de tricycles ?

Le phénomène actuel des tricycles fait peur. Ce sont des jeunes qui ont entre 15 et 16 ans et qui n’ont pas de permis de conduire, qui roulent ces engins motorisés. Ce qui suscite des inquiétudes. Car la route parle au conducteur.

En principe, les tricycles ne doivent pas circuler sur l’autoroute, parce que selon le code de route, les engins qui ne dépassent pas 40km/h n’y ont pas droit. La réalité est pourtant tout autre.

 

AKE

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

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