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Quand la Justice poursuit les seconds couteaux et laisse les commanditaires en liberté

Des mêmes faits, mais un traitement différent. La Justice ivoirienne habitue les citoyens ivoiriens à un poids deux mesures ces temps sur des sujets d’intérêts publics notamment politiques.

Sur les bords de la lagune Ebrié, la justice semble être à géométrie variable. Et pour cause, les règles différentes lorsqu’il s’agit des hommes politiques. Ces derniers font office de hors la loi. Ce sont plutôt les subalternes ou acteurs de second plan qui payent le prix.

 

C’est ce qui est donné de constater dans le procès de l’ex-seigneur de guerre du Mont Peko, le burkinabé Ouédraogo Rémi dit Amadé Ourémi. Le réparateur de vélo qui a rejoint les Forces républicaine de Côte d’Ivoire (FRCI) aura beau crié de toutes ses forces pour faire comprendre qu’il était un pion sous les ordres de Coulibaly de Kouibly et du commandant Losséni Fofana.

Ses cris semblent tombés dans des oreilles de sourds. Peut-être qu’il chante bien mais qu’il ne chante pas fort, selon une expression typiquement ivoiriennne. Tel un beau diable, il se débat. Mais cette débauche d’énergie sera vaine. Tout porte à croire qu’il portera tout seul la croix des massacres de Duékoué des 28 et 29 mars 2011. Le bouc émissaire parfait.

 

De son côté, l’activiste Pulchérie Gbalet risque de subir cette inégalité de traitement. Poursuivie pour troubles à l'ordre public, appel à l'insurrection, incitation à la révolte, violences et voie de fait, destructions de biens publics et privés, elle croupit en prison depuis huit (8) mois. Son crime de lèse majesté : avoir dit Non à la candidature d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat présidentiel. L’actrice de la société civile avait appelé à une marche pacifique.

 

Poursuivi pour complot contre l’autorité de l’État, Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif du PDCI n’aura passé qu’environ trois mois en prison ( 06 novembre 2020-19 janvier 2021 Même traitement de faveur pour Pascal Affi N’guessan, président contesté du Front populaire ivoirien (FPI), arrêté le 07 novembre et libéré le 30 décembre 2020.

Quant à Henri Konan Bédié, patron du Conseil national de transition (CNT), organe censé se substituer au pouvoir d’Etat, une résidence surveillée aura suffi. Les commanditaires peuvent vaquer ainsi à leurs occupations : participer à la vie politique en toute quiétude.

Plus loin le 13 avril 2017, le général Dogbo Blé Bruno, fidèle de Laurent Gbagbo, était condamné à 18 ans de prison pour l'enlèvement et le meurtre de quatre personnes, dont deux Français, à Abidjan le 4 avril 2011. Dogbo Blé aurait-il agi sans que le chef suprême de l’armée, le Président Gbagbo ne soit informé ? C’est tout le contraste éloquent de ces condamnations.

Quelle réconciliation nationale vraie sans la Justice ? C’est à juste titre que Henri Lacordaire affirmait ‘‘L'injustice appelle l'injustice ; la violence engendre la violence."

 

Cyrille NAHIN

  

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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