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Voici comment les accidents de moto sèment la mort et la désolation à Bouaké

Pour tous ceux qui ont déjà pris l'axe Ferkessédougou-Bouaké lors d'un déplacement, vous verrez que toutes les villes que vous traverserez durant ce parcours ont une particularité à savoir le nombre impressionnant de motos qu'on retrouve dans ces zones.

Cette situation s'explique en grande partie par la rébellion de 2002 qui avait permis aux rebelles de faire de la ville de Bouaké leur quartier général. Les frontières étant donc devenues poreuses dans la partie septentrionale du pays, certains opportunistes n'ont dès lors pas à hésiter à s'adonner à la vente de motos qu'ils prenaient au Burkina voisin pour venir écouler à vil prix dans ces villes où le gouvernement d'alors n'avait plus aucune autorité.

Depuis donc cet instant n'importe quel individu pouvait se permettre de s'offrir un engin motorisé moyennant une modique somme. Ce qui fait que de nos jours quand vous arrivez dans la capitale du Gbêkê vous croirez vous retrouver à Ouagadougou où ces engins sont très prisés. Je me rappelle même que lors d'un passage à l'Université de Bouaké notamment au campus 1 en Février 2016 pour le retrait d'un diplôme, j'ai été surpris de voir au parking étudiant un nombre ahurissant de motos qui y étaient stationnées, chose pratiquement impensable quand on était encore étudiant au début des années 2000 dans cette localité. Bref. C'est pour dire que ces motos circulent belle lurette dans cette ville sans papiers pour la plupart et sans casques pour le conducteur comme pour son passager et cela à une allure déconcertante provoquant à tout instant l'ire des automobilistes et de la population.

Toutefois, le phénomène sur lequel je voudrais revenir ici, c'est celui relatif aux mototaxis qui ont vraiment pignon sur rue dans cette ville. En effet, quand vous arrivez à Bouaké, ce sont les conducteurs de ces engins qui seront les premiers à vous accoster pour vous conduire dans votre quartier ou à votre domicile. Ils agissent ainsi parce qu' ils dament le pion aux taxis communaux. Leur clientèle est composée de fonctionnaires, d'élèves et étudiants, de commerçants et de tous ceux qui n'ont pas de quoi se payer une course en taxi. Malheureusement, leurs agissement sont à décrier tant ils se conduisent mal, très mal même je dirais. Ils ne respectent pas les feux tricolores, roulent dans les sens interdits, font des dépassements à couper le souffle, prennent jusqu'à cinq clients parfois et par-dessus tout ils font la course aux automobilistes. Ce n'est donc pas étonnant d'enregistrer quotidiennement des accidents dus à leur fait. J'ai ce témoignage d'un ami dont la femme a failli laisser la vie après avoir pris une de ces mototaxis.

Embarquée pour se rendre dans un petit village de Bouaké pour vendre ses produits, elle s'est retrouvée avec deux autres commerçantes à l'arrière de l'engin. Le conducteur, quant à lui, roulait à tombeau ouvert sur une piste villageoise très cabossée avec de nombreux trous malgré toutes les interpellations de ces braves dames. Finalement, voulant éviter un trou qu'il a vu en dernière minute, il a renversé tout ce monde dans un ravin. La dame assise totalement à l'arrière est morte sur le coup, une autre s'est vu le pied fracturé et la femme de cet ami a passé deux jours à l'hôpital à cause de nombreuses commotions. Ce genre d'accidents très fréquents qui restent toutefois dans l'anonymat vu l'endroit reculé dans lequel ils se déroulent. Il y a également cet autre accident relayé par le site Koaci incriminant un conducteur de mototaxi qui, en voulant dépasser un taxi devant lui, s'est retrouvé sous un gros camion qu'il n'avait pas vu venir avec ses deux passagers. Lui, était mort sur-le-champ et les deux autres ont été transportés au CHU de Bouaké dans un état critique. Il en est de même pour ce conducteur de tricycle qui a fait une sortie de route et a tué un mécanicien sur la voie de sa perdition.

Certes, ils ne sont pas les seuls auteurs des accidents de moto, mais il faut admettre qu'ils ne sont pas exempts de tout reproche, car on se souvient également de ces trois jeunes étudiants dont un en Master 1 au département de Géographie nommé N'Dri Franck Daniel dit Kadhafi qui ont perdu la vie après que leur moto est rentrée en collusion avec un camion en Février dernier comme a pu le constater sur place nordsud.info.

Il est donc grand temps que nos autorités préfectorales et municipales prennent des mesures drastiques pour extirper ces mototaxis de la ville de Bouaké, car cela ne fait pas du tout honneur à cette ville qui perd jour après jour ces dignes fils dans ces horribles accidents de motos avec des conducteurs sans qualification, sans vergogne et sans aucun scrupule. Il y va de l'intérêt de tous.

Yves_Martial

Content created and supplied by: Yves_Martial (via Opera News )

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