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Stade de Yakro, l'arbre qui cache la forêt ? Du sang, de la sueur et des larmes

La Confédération africaine de football (CAF) nous a clairement fait comprendre qu'aucun match officiel ne peut se jouer dans notre nouveau stade de Yamoussoukro, au centre du pays. Du moins, en son état actuel. Le rapport défavorable de la faîtière du football africain quant à son homologation ne fait que nous mettre face à nos responsabilités.

La déception le dispute à la colère chez plusieurs supporters ivoiriens. Certains ont entrepris de passer leur colère sur les structures en charge des infrastructures sportives notamment l'Office national du sport (ONS) et sa tutelle, le ministère des Sports. Coupables à leurs yeux de ce déshonneur dont on aurait bien pu se passer.

Les différentes failles énumérées par la CAF sont-elles dûes au manque de moyens, alors que des ouvriers continuent de travailler aux alentours du stade ? Il est vrai que selon certaines sources, côté ivoirien on affirme que l'entreprise française en charge du projet demanderait "chaque fois" des frais supplémentaires pour réaliser telle ou telle tâche... Mais ce n'est quand même pas le plus grand stade du monde. Pour un ouvrage comme celui-là, un contrat en bonne et dûe forme a normalement été signé avec un cahier des charges précis.

Il a fallu que ce soit le stade de Yamoussoukro qui se retrouve sous les projecteurs, pour soulever la question. Qu'en est-il des autres arènes en cours de construction, à Bouaké, à Korhogo et à San Pedro ? Seront-ils achevés et livrés dans les délais requis (tout en respectant bien sûr les standards internationaux) ?

De nos jours, on ne construit plus un stade comme dans les années 50 ou 60. Le football a évolué. Ses règles ont évolué. Ses instances ont évolué. Il va de soi que les infrastructures sportives aussi le soient.

(Les chantiers devraient faire l'objet de contrôle et de suivi stricts)

À dire vrai, ce n'est pas une insulte le fait d'affirmer que le cas du stade de Yamoussoukro ressemble à l'iceberg dont on voit que la partie émergée. C'est peut-être parce qu'il n'y a personne pour nous talonner, pour nous dire que tel ouvrage a été mal exécuté ici, tel autre là-bas a dépassé le délai de livraison ou celui-ci devrait être refait, etc.

Pour exemple, en 2011, avant qu'on ne parle de l'actuelle autoroute appelée la "côtière", on avait déjà entreprit de refaire la voie Abidjan-San Pedro. Moins d'un an après l'exécution des travaux, le bitume a commencé à se dégrader sous le poids des camions et des eaux de pluie. Résultat, on voit tous ce qu'est devenue cette route, en moins de dix ans seulement. Pour rallier la ville portuaire aujourd'hui, il faut au moins 6 heures de temps en voiture pour parcourir les 353 kms. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

L'État devrait exiger des garanties de la part des sociétés qui bénéficient de ces marchés, aux frais du contribuable. En Europe ou aux États-Unis, il ne viendrait à l'idée de personne de se lancer dans un tel amateurisme. Ça, c'est pour les entreprises prestataires.

L'on peut à juste titre, se demander si un suivi régulier et rigoureux des travaux est fait par l'État à travers les organes chargés d'y veiller. Et dire que nous nous sommes senti vexés, lorsque la CAF a attribué l'organisation de la CAN 2021 à un pays autre que le nôtre. Honnêtement, si elle nous avait écouté en nous confiant la compétition à cette date, serions prêts à recevoir l'Afrique avec la trentaine de sélections nationales en janvier prochain, c'est-à-dire dans trois mois ?

Nous avons tous décrié récemment l'état de la pelouse du stade d'Ébimpé. Pourvu que les choses chances rapidement dans le bon sens. Au niveau de notre football local, le nettoyage des écuries d'augias notamment avec la normalisation de la fédération nationale est une bonne chose. À conditions qu'elle permette à terme une meilleure transparence dans la gestion de ce sport. Il y aura peut-être des lamentations. Normal. Le changement induit souvent des douleurs. Comme sur un chantier. Il y a parfois du sang, de la sueur...et des larmes.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

CAF

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