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Jacques Anouma : les dessous de sa nomination tardive par Motsepe

Depuis le 12 Mars dernier à Rabat dans le royaume chérifien, on connait le nouveau président de la Confédération Africaine de Football, CAF. Quelques semaines plutôt Gianni avait démis le comité exécutif élu de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) pour y installer son comité de normalisation envers et contre toute logique. Sous la houlette de sa toute puissance Gianni Infantino remettait le couvert, cette fois-ci avec tous les présidents de fédérations africaines pour faire triompher son poulain Motsepe lors d'un simulacre d'élections avec à la clé un seul et unique candidat qui allait devenir président de la CAF.

Autant dire que pour parler de suspense, l'on était royalement servi. Les autres candidats se retirant tour à tour. C'est donc par acclamations presqu'unanimes (sic!) que le sud-africain Patrice Motsepe succédait au malgache Ahmad Ahmad. L'on se souvient également, il n'y a pas si longtemps, comment le tombeur d'Issa Hayatou avait été adoubé, soutenu et quasiment coopté pour faire tomber le baobab de Yaoundé du haut de ses 27 ans de règne à la tête du football africain. Entre temps tombé en disgrâce auprès de son ex protecteur et bienfaiteur, Ahmad devait savoir à quoi s'attendre : rien d'autre que de subir le courroux de ''Monseigneur'' Infantino, non pas de frêles grêlons mais une pluie de foudres qui allait l'emporter bien loin du football et de ses loges présidentielles VIP.

Ainsi, ce deuxième coup d'éclat qui en réalité éclabousse le football et les dirigeants de fédérations africaines d'une bien pâle et funeste réputation, a réussi l'exploit en un tour de passe-passe magique non seulement de faire rentrer tous les dirigeants de football africains dans les rangs du sieur Infantino, mais aussi et surtout à se les rendre en de parfaits ''obligés'' pour les amener, en temps voulu, en rangs serrés derrière lui pour consolider déjà des quelques 54 voix des fédérations d'Afrique pour prendre une option très sérieuse dans la course à la conservation de son trône de président de l'instance dirigeante du football mondial, lui qui n'entend en rien perdre d'un iota ses supers pouvoirs que lui confère son fauteuil de président de la FIFA.

Pour revenir à l'Afrique, là où rien ne se fait comme ailleurs, Motsepe élu d'après les accords du ''deal'' de Rabat, l'on a assisté à, ni plus ni moins, ce qu'il convient d'appeler le partage du gâteau, une sorte de seconde ''balkanisation'' de la CAF comme ce fut le cas en un autre temps et un autre lieu pour l'Afrique des États; sauf qu'en ce qui concerne le cas échéant, c'est en présence des africains, avec leur volonté propre et leur participation active que le plan a été mis à exécution. Et si le plan dévoilé envisageait de prime abord la nomination de Maître Senghor du Sénégal et Yahya de la Mauritanie respectivement 1er et 2è vice-présidents de Motsepe avec pour conseiller spécial l'ivoirien Jacques Anouma, il faut bien l'avouer, des plans voilés se sont entre temps faits jour. En l'occurrence: trois postes de vice-présidents à des presque novices sur la scène continentale du football, qui plus est n'avaient jusque-là justifié d'aucuns faits d'armes légitimes pour s'adjuger ces postes; il n'en demeure pas moins suspect que Jacques Anouma n'ait pas encore été nommé et ou confirmé, là où c'est plutôt un compatriote de Motsepe, le président de la fédération de football de la nation arc-en-ciel Danny Jordan qui s'est vu bombardé au poste de conseiller spécial chargé du marketing et des droits télé. Rien que cela!

Questions : à quand la nomination de Jacques Anouma? Est-ce un dommage collatéral de l'imposition du comité de normalisation à la FIF? Ou était-ce un subterfuge ou de la poudre de perlimpimpim pour mettre le vieux Jacques hors jeu? Jacques Anouma se rend-t-il compte avec ses affidés qu'il n'a été qu'un ''petit'' fusible qu'on a fait sauter dans ce contrat de dupes faussement renommé ''deal'' de Rabat? Vu le timing, quelle contenance et quelle consistance aurait aujourd'hui le poste de conseiller de Jacques Anouma nommé au crépuscule de toutes les responsabilités au sein de la CAF? Et si tout cela n'aurait été que pour mettre Jacques Anouma sous l'éteignoir? A l'évidence, s'il est permis de dire que le plan a bien fonctionné pour certains, pour Jacques Anouma le deal de Rabat a des arrières goûts amers, il serait ainsi déchu de son piédestal, de sa stature. En tout état de cause, on pourrait qualifier d'échecs les campagnes de son staff, des lobbyings des ministres pour n'avoir rien vu venir de tout cela. A l'aube de ses 70 ans, ce serait une bien maigre consolation que de se voir affubler d'un titre soporifique et honorifique d'un conseiller spécial, à qui d'ailleurs on ne confierait aucune responsabilité et le laisser sortir par la petite porte de la scène du football continental. A en juger par les éléments en notre connaissance, ces passes entre les ex prétendants au fauteuil présidentiel de la CAF si elles ne prévoyaient pas servir Anouma, leurs auteurs auront réussi par un jeu de possession caché avec à la baguette la passe décisive du maître à jouer Infantino à son nouveau buteur maison Motsepe de mettre Jacques dans le vent, dans un hors jeu magistral.

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