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L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo se prépare à revenir au pays après dix ans d'exil

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo se prépare à revenir au pays après dix ans d'exil.Ses plus fervents partisans rêvent d'un destin à la Nelson Mandela, revenu en homme providentiel à la tête de l'Afrique du Sud après avoir été emprisonné de longues années. Laurent Gbagbo, lui, avait déjà connu le pouvoir avant de se retrouver derrière les barreaux pour avoir refusé de céder son siège présidentiel à son adversaire, Alassane Ouattara ("ADO"), au terme de l'élection de 2010. Incarcéré huit ans au pénitencier de la Cour pénale internationale à La Haye (Pays-Bas), l'ex-président ivoirien, accusé de crimes contre l'humanité dans la crise post-électorale qui a fait 3000 morts, a été acquitté en appel. Innocenté une première fois en 2019, il peut désormais rentrer au pays, après le feu vert officiel de l'actuel chef de l'Etat, Ouattara, le 7 avril. Gbagbo bénéficiera du statut des anciens chefs d'Etat, avec émoluments mensuels à 17 millions de francs CFA (26 000 euros), personnels de maison et collaborateurs.  

Réélu en novembre dernier, ADO avait promis de lui ouvrir les portes, au nom de la "réconciliation", ce vaste chantier resté inachevé. Mais l'affaire a traîné. Opportunément, martèle l'opposition, convaincue que Ouattara n'aurait pas fait le poids face à une candidature Gbagbo. Un sondage d'août 2020 de l'Institut Opinion Way donnait d'ailleurs ce dernier en tête ... s'il avait pu participer. 

Gbagbo vs. Ouattara en 2025 ?

Le match se rejouera-t-il en 2025 ? Laurent Gbagbo aura 79 ans, son rival 83. Et le troisième cacique de la politique ivoirienne, Henri Konan Bédié, ex-président lui aussi... 90 ans. "Laurent est le benjamin ! sourit son conseiller, Bernard Houdin. Et même en prison, il n'a jamais cessé la politique ; de retour au pays, il jouera le rôle d'opposant qui lui revient." 


La tâche s'annonce ardue pour le "boulanger d'Abidjan", ainsi surnommé pour son art à rouler ses adversaires dans la farine. Sa formation, le Front populaire ivoirien (FPI) est minée par des divisions intestines. Après dix ans de boycott systématique des élections, le parti est revenu cette année dans le jeu politique. Mais tout reste à reconstruire, et la figure tutélaire de "Papa Gbagbo" pourrait y aider. Son comité d'accueil se tient déjà prêt pour l'accueillir à l'aéroport d'Abidjan. Avant la fin du mois, espère celui qui compte, selon son entourage, "peser" dans la vie politique. "Ses partisans veulent capitaliser sur son retour pour remobiliser la base aux élections locales de 2023 et, à terme, reconquérir le sommet de l'Etat", explique le politologue Ousmane Zina. 

Premier ex-président jugé à la CPI, Laurent Gbagbo a, en dix ans, construit sa légende de martyr, victime d'une "justice de Blancs", tragique étiquette qui colle en Afrique à cette Cour. A tel point qu'en 2017, l'Union africaine avait soutenu un retrait collectif de ses Etats membres. Du pain bénit pour Gbagbo. "Il se considère comme une victime", glisse un proche. 

Difficile, dans ces conditions, d'envisager une réconciliation sereine. L'ancien prof d'histoire ne prendra la parole qu'une fois le pied posé à Abidjan. Son poulain, Charles Blé Goudé, acquitté en même temps que lui fin mars, l'a doublé, pour "demander pardon aux Ivoiriens". Mais avant de "diriger un jour le pays" comme il le voudrait, le quadra devra déjouer les ruses du "boulanger d'Abidjan". 

Content created and supplied by: LaMouchkine (via Opera News )

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