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Bilan des exactions contre les nigériens: voici le rapport du Niger qui contredit Abidjan


Par Richard Gallet


Des heurts ont éclaté, mercredi 19 Mai entre la communauté nigérienne et des ivoiriens à Anyama, Adjamé, Yopougon, Angré, Abobo et même dans une ville comme Daloa. Les services de l'Ambassade du Niger en Côte d'Ivoire ont dressé le bilan de la situation.


Les autorités ivoiriennes chercheraient-elles à dissimuler ou à minimiser le bilan des exactions commises sur les ressortissants du Niger pris pour cible en représailles à des supposées atrocités impliquant des ivoiriens dans une vidéo devenue virale? La question mérite d'être posée avec acuité au regard du rapport établi par les services de l'Ambassade du Niger en Côte d'Ivoire ce Jeudi 20 Mai et qui contredit le bilan présenté par Abidjan.


À la suite des heurts et exactions intervenus entre ivoiriens et nigériens, le ministre de la sécurité Vagondo Diomandé était monté au créneau pour appeler les uns les autres à la retenue et présenter un bilan des agressions. Dans son rapport des événements, il avait révélé qu'outre les individus interpellés _ 12 dans l'ensemble_ " 10 personnes avaient été blessées, six véhicules calcinés et une douzaine de magasins pillés".


Mais voilà. Dans la soirée du 20 Mai, Niamey conteste les chiffres brandis par Abidjan. Les services de l'Ambassade du Niger en Côte d'Ivoire établissent un autre rapport accablant révélateur à la fois de l'ampleur du sinistre et de la réalité du terrain.


Guerre des chiffres


Selon le rapport agité par le Niger, 24 personnes ont été interpellées contre 12 annoncées par Abidjan. Le rapport fait notamment cas de 39 personnes victimes de coups et blessures autant dans le District d'Abidjan que tout aussi à Daloa; 290 réfugiés dont 148 à l'Ambassade, 39 à la brigade de gendarmerie d'Abobo et 103 à la préfecture de police d'Abidjan. Les autorités Nigériennes mentionnent également " des dégâts matériels importants à Abobo, Adjamé et Yopougon dont l'évaluation sera faite plus tard", précise le rapport. Quelques heures plis tard, le procureur de la république Adou Richard revient à la charge pour Abidjan. Son rapport qu'il présente est sensiblement à la hauteur de Niamey. Il annonce une vingtaine de personnes interpellées et des poursuites judiciaires à l'encontre des fauteurs de troubles. Il évoque aussi plusieurs blessés graves et d'énormes dégâts matériels dans le District autonome d'Abidjan. Sans faire cas des incidents à Daloa.


Situation embarrassante pour Abidjan


Ces actes de violence et de vandalisme de la part des ivoiriens sur des nigériens embarassent au plus haut point Abidjan. Surtout qu'ils se situent pour la plupart dans des zones dites fiefs du parti au pouvoir et majoritairement acquises à la cause du Président Alassane Ouattara. Cette situation n'est pas sans rappeler les décennies d'exercice du pouvoir du régime frontiste émaillées d'incidents de toutes sortes et principalement tournés vers les communautés de la sous région. " Nous sommes un pays qui accueille tout le monde notamment nos frères de la sous-région qui vivent leurs vies et vaquent aussi à leurs préoccupations" , avait clamé le général ministre Vagondo Diomandé. Certains observateurs internationaux ont vite fait de parler d'un recul des libertés et droits fondamentaux et du retour des vieux démons. D'autres n'ont pas hésité à brandir le drapeau d'un élan xénophobe qui secoue à nouveau le pays. Une situation dont Abidjan se saurait passer allègrement. Mais hélas.


Niamey entend tirer ces événements au clair. En attendant la mise en place d'un comité de gestion de la crise, il a convoqué son consul honoraire et annoncé l'envoi imminent d'une mission de haut en Côte d'Ivoire. Les jours qui viennent nous situeront quant à l'issue des événements.


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