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Avec juste le niveau CEPE, Salif Ouédraogo devient un leader de l'information sportive au Burkina

        


  J'ai reçu aujourd'hui à Ouaga 2000, l'administrateur de la célèbre page burkinabè, Étalon Kibaya, qui, dans la vie active, exerce en qualité de livreur de journaux. J'ai nommé monsieur Salif Ouédraogo.


         Salif Ouédraogo est le créateur de Étalon Kibaya, l'une des pages sportives les plus influentes du Burkina Faso sur les réseaux sociaux. D'où lui est venue l'idée de créer Étalon Kibaya ? Comment est-il arrivé à la hisser au sommet au point d'être aujourd'hui une pion incontournable dans le monde de la communication footballistique au Burkina ? Il répond aux questions de LCB. 

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LCB : Comment est né Etalon Kibaya ? Que signifie Kibaya. Avec quelle stratégie la page est-elle devenue aujourd'hui une référence ?


Salif : Kibaya veut dire information en mooré et en dioula. Curieusement en langue foulfoudè, information se dit kibarou, une assonnance avec Kibaya. Je me suis inspiré de la page facebook des Ivoiriens appelée "Soutiens aux Éléphants''. Je me suis dit qu'il fallait l'équivalent au Burkina Faso. Voici comment il me vient à l'esprit de créer Étalon Kibaya. J'ai créé la page le 31 Septembre 2014, qui est actuellement à 162.000 abonnés, sans avoir eu besoin de sponsoring. Les gens viennent naturellement, attirés par la teneur des publications. Je fais des directs des grands rendez-vous sportifs. Ma seule stratégie c'est la passion, et l'amour du travail bien fait. 


LCB : L'amour du travail bien fait. Parlons-en. Savez-vous que vous avez une visibilité qui surpasse même certains journaux dits professionnels ? Avez-vous fait l'école de journalisme pour réussir autant votre mission d'informateur sportif sur les réseaux sociaux ?


Salif : Je n'ai pas fait l'école de journalisme. D'ailleurs, j'ai juste le niveau CEPE. Il faut dire que je sais ce qui accroche. Tout part de la titraille. C'est l'élément essentiel qui interpelle, attire le lecteur. Et moi, quand j'étais plus jeune, je lisais tout le temps les titres des journaux. Surtout ceux sportifs. J'allais aussi à l'information. J'ai aussi travaillé à l'imprimerie du journal Le pays, pendant 10 ans. Et à force de lire, j'ai acquis l'expérience dans le choix de mes titres et de petits rudiments rédactionnels, même si on me reproche de faire quelques fois des fautes. 


LCB : Pour quelqu'un qui a le niveau CEPE, chapeau à vous ! Certains ont une maîtrise en journalisme mais tâtonnent en terme de maîtrise et de visibilité. Étalon Kibaya étant une référence au Burkina, c'est sûr que Salif Ouédraogo en est devenu très riche ! Riche, par le fruit de son travail et aussi avec le soutien des footballeurs professionnels et des cadres sportifs du pays, on imagine ? 


Salif : Peut-être qu'ailleurs je serais riche avec ce que je fais ( il rit ) mais ici on ne bénéficie pas assez du soutien des autorités sportives. Parmi les footballeurs professionnels ceux qui m'aident sont Aristide Bancé, Charles Kaboré et les frères Traoré. Peut-être bien que les autres me réservent une surprise. L'ancien président de la Fédération Burkinabè de Football, monsieur Sita Sangaré, m'a également témoigné ses estimes de même que l'actuel président, monsieur Lazare Banssé, que j'ai vu une seule fois et qui m'a dit que ses portes me sont ouvertes. J'ai de bonnes relations avec les présidents de club et n'ai de problème avec personne.


LCB : Votre meilleur souvenir en matière d'information ?


Salif : C'était en 2015. Après l'échec des Étalons à la CAN, une réunion de la Fédération s'est tenue de 20 heures à minuit dans un hôtel huppé de Bobo Dioulasso. À l'issue, il a été décidé sur place du limogeage de Paul Put, le sélectionneur. Moi j'ai eu le scoop, que j'ai balancé le lendemain, très tôt. J'ai été le premier média à donner l'information et ça a fait boom ! Aujourd'hui encore j'ai des scoops dans le milieu. Je fais mon travail seinement sans m'impliquer dans les histoires de buzz. Parfois des gens m'envoient certaines infos, afin que je les publie, mais je refuse de le faire quand ça a trait à la vie privée des sportifs. Je ne touche pas aux sujets déviationnistes tels que l'affaire de Razak avec sa famille. Je partage tout ce qui concerne le football. J'ai eu aussi une collaboration professionnelle avec l'AS Douane, depuis que l'équipe était en troisième division. Dans le milieu, on est parfois encouragé par des figures qui reconnaissent notre mérite. J'ai été notamment invité à la Radio municipale par Claude Rouamba, pour m'exprimer sur mon travail. Également à Radio Oméga. Actuellement j'interviens en direct tous les merdredis à 21 heures sur Ouaga FM, avec Franck Gefa qui m'ouvre une lucarne. 


LCB : J'ai envie de vous demander qui est votre footballeur préféré, au sein de l'équipe nationale.


Salif : Mon joueur favori, c'est Alain Traoré, pour tout ce qu'il a accompli comme exploit pour l'équipe nationale. J'ai remarqué qu'on veut le pousser à une retraite précipitée en critiquant ses contre-performances. Moi je dis non ! Il a encore beaucoup à apporter aux Étalons. Les gens croient que passer d'une génération à une autre doit se faire de façon brusque. Alain Traoré est un grand talent qui a encore de beaux jours devant lui dans le football et on doit lui faire confiance. 



LCB : Votre dernier mot ?


Salif : Je remercie l'ancien président de la Fédération, Sita Sangaré ainsi que l'actuel, Lazare Banssé. Je salue les présidents de club, les joueurs et mes amis d'enfance de Dapoya qui m'apportent des conseils pour l'animation de ma page Étalon Kibaya. Je ne saurais citer tout le monde, et donc que personne ne se sente ignorer. Mon rêve est d'avoir un appareil photo ultra-moderne qui va me permettre de mieux développer ma communication dans le milieu du sport. Il n'y a personne derrière la page Étalon Kibaya, à part moi. Aux personnes de bonne volonté qui voudraient m'accompagner avec un quelconque apport, je leur en saurais gré. Merci, et vive le football burkinabè !


Louis-César BANCÉ

[email protected]



Content created and supplied by: LouisCésarBANCE (via Opera News )

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