Sign in
Download Opera News App

 

 

Kader Keîta, histoire et parcours de l'ex international ivoirien

Football et mode ont parfois fait bon ménage… Djibril Cissé, Bernard Lama, David Ginola et surtout David Beckham l’ont démontré. En Afrique, le très talentueux ailier ivoirien Kader Keita a démontré qu’il en était un véritable passionné et a même montré les prémices pendant qu’il était encore professionnel. Que fait Kader keita depuis qu’il a pris sa retraite il y a de cela près de 10 ans ? Retour sur le parcours du très controversé joueur ivoirien au talent inouï.


De sa terre natale à ses débuts en Europe.

Né le 6 août 1981 à Abidjan, Abdoul Kader Keïta, fut international ivoirien qui a évolué au poste de milieu offensif.

Communément appelé Popito, Kader Keita a passé son enfance à Gagnoa à 200 km d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Très tôt, l’appel du foot pour lequel Il est attiré est difficile à refuser. Doté d’une aisance balle au pied au-dessus de la moyenne et reconnu pour son talent ,il fit le plaisir du public ivoirien. C’est ainsi qu’il dépose ses valises en Europe pour tenter de faire fructifier son talent qu’il met d’abord en exergue à l’Africa Sports National, club de ses débuts professionnels, à la fin des années 1990 avant d’aller en Tunisie. C’est fort d’un championnat et d’une coupe africaine des vainqueurs de coupe gagnés en 1999 qu’il rejoint l’étoile sportive du sahel, club dans lequel il évolue de 2000 à 2002. Rappelons qu’avant même de jouer pour l’Africa Sport, Keita fit une petite saison en Suède, à l’IF Elfsborg puis quitta rapidement le club. Après des essais infructueux à Tunis, en France (PSG), il rejoint le club émirati d’Al-Aïn. Il n’y resta qu’une seule saison (19 matches pour 6 buts) et s’engage avec le grand concurrent qatari, d’Al Saad Doha. Ce passage dans le Golfe fait craindre à la plupart des observateurs qu’il ne mette en péril sa carrière par l’appât du gain. Il s’expliquera : « Je suis parti à l’aventure. C’était une opportunité et une expérience. J’ai côtoyé des grands joueurs comme Frank Lebœuf, Gabriel Batistuta, Romário… Ils m’ont donné des conseils comme des grands frères. Je voulais jouer en Europe mais je n’étais pas encore prêt. »


Destination les Dogues à Lille.

Suivi par de très nombreux clubs européens, Keïta finira par choisir le club de Lille en 2005, sous l’impulsion du président Seydoux et de l’entraineur Claude Puel. Son rêve de rejoindre l’europe se concrétise après trois saisons à Al Saad Doha. Claude Puel, qui avait visionné des vidéos sur Keita, disait de lui. « Un artiste pas structuré pour moi, capable de créer des brèches dans les blocs défensifs adverses », souligne le responsable lillois. Jean-Luc Buisine qui fera, sous l’impulsion de Claude Puel, trois séjours au Qatar, pour faire connaissance avec un individu, aux dires des dirigeants d’Al Sadd Doha, ingérable et pas très discipliné.

Pourtant, le responsable de la cellule recrutement rencontre un joueur charmant, attachant… « Qui avait surtout envie de quitter le club où il jouait, et se relancer sur le marché européen », poursuit Jean-Luc Buisine. « On s’est accroché à ce dossier-là, on a pris beaucoup de risques ». Encore fallait-il négocier avec l’oncle du joueur, son agent en fin de compte, et le Prince du Qatar, propriétaire du club. C’est Bora Milutinović, l’entraîneur d’Al Sadd Doha, qui a débloqué le dossier en posant un ultimatum à ses dirigeants. « C’est Keïta ou moi ! », tant les relations entre les deux hommes s’étaient dégradées.

« Sportivement, on savait que Keïta n’était pas prêt. Il venait d’un championnat différent, il allait découvrir un rythme plus élevé et une charge de travail nouvelle ». « Aujourd’hui, » conclut Jean-Luc Buisine, « le garçon s’est fondu dans le groupe, grâce au groupe il a passé un cap. » Ce diamant brut, bien travaillé par Claude Puel, est devenu un titulaire indiscutable sur le flanc droit grâce à sa technique virevoltante et sa combativité. Il rappelle parfois ces grands joueurs africains que sont George Weah ou encore Jay Jay Okocha.

Sur le banc, depuis le début de la saison, Keïta commence à montrer le bout de son nez, et son talent éclate au grand jour. Vitesse, percussion, dribbles sont un panel de ses capacités. Capacités qu’il montrera jusqu’à la fin du championnat, dans lequel il marquera 5 buts et fut un vrai élément moteur pour le club lillois.


Kader Keïta et la sélection.


Côté sélection, Keïta est sans doute un des joueurs préférés des Ivoiriens. Il a conquis et convaincu tous les Ivoiriens depuis qu’il a commencé à jouer dans le championnat local. Son absence à la Coupe d’Afrique cette année a fait couler beaucoup d’encre. De l’avis de tous les spécialistes du foot ivoirien, il pouvait apporter beaucoup à la Séléphanto (sélection des Éléphants de Côte d’Ivoire). Déjà à la CAN au Mali en 2002, il a été le meilleur joueur ivoirien sur l’ensemble des matchs disputés par les Éléphants. Depuis, ses récentes performances lilloises lui ont permis d’être rappelé par le sélectionneur Henri Michel contre l’Espagne, et il a ouvert le score. Depuis, il a participé à la coupe du monde en Allemagne (2006) sans parvenir à qualifier son pays pour les 1/8 de finale (2 défaites contre l’Argentine et les Pays-Bas, 2-1).


Son frère aîné est aussi footballeur et son père fut le fondateur du Sporting club de Gagnoa.

Fadel KEITA.


Une dernière au LOSC avant de s’engager à l’OL.

Durant la saison 2006-2007, le LOSC réalise une belle saison, mais finit par s’écrouler à cause de l’accumulation des matchs. Keïta dispute 36 matchs de Ligue 1 et marque 9 buts. Il est l’un des éléments moteurs du LOSC en compagnie de Mathieu Bodmer. Délocalisé au Stade Bollaert de Lens, Lille réussit son plus beau parcours en Ligue des Champions. Les Dogues atteignent les 1/8 de finale, après être sorti d’une poule composée d’Anderlecht, de l’AEK Athènes et du Milan AC (futur vainqueur de l’édition). Le LOSC tombe finalement de justesse face à Manchester United (futur demi-finaliste de l’édition). Keïta explose sur le plan européen grâce à ses dribbles chaloupés. Il dispute 8 matchs et inscrit un but.

À la fin de la saison 2006-2007, Keïta signe un contrat de quatre ans avec l’Olympique lyonnais. Son transfert pour l’OL est officialisé le samedi 16 juin 2007, pour un montant de 16 millions d’euros (18 millions d’euros si l’OL se qualifie au terme de la saison en Ligue des Champions, et 2 millions supplémentaires si l’OL vend Keïta avant la fin de son contrat). Cette transaction pourrait presque constituer un record pour l’OL, Keïta étant, pour l’instant, le troisième transfert le plus important du club après Sonny Anderson, acheté 18.5 millions d’euros en 1999 en provenance du FC Barcelone et Lisandro, acheté 24 millions d’euros en 2009 en provenance du FC Porto. Mathieu Bodmer le suit à Lyon cette même saison.

À l’OL, Keïta tarde à s’imposer comme titulaire, puisqu’il est la plupart du temps barré par un Sidney Govou en pleine forme. Il inscrit son premier but en championnat le 9 mars 2008 lors de la réception de Bordeaux à Gerland. Son premier doublé avec l’OL a lieu une semaine plus tard, le 15 mars, lors d’un match de L1 face à l’AS Monaco (victoire 3-0 de l’OL). Pour sa première saison à Lyon, il joue quand même 30 matchs et marque quatre buts. Il se montre également à six reprises en Ligue des champions.


Les retrouvailles avec Claude Puel.

Malgré une première saison à Lyon mi-figue mi-raisin, il se relance en 2008-2009 sous les ordres de son ancien mentor dans le Nord, Claude Puel. Il retrouve également Jean II Makoun qui arrive dans les valises du nouvel entraîneur. À la mi-saison et malgré la forte concurrence en attaque (Benzema, Delgado, Fred…), il a joué onze rencontres de Ligue 1 et trois de Ligue des champions (où il parvient à marquer un but important face au Steaua Bucarest).

Malgré des qualités techniques et physiques remarquables et une grande combativité, ses performances sous le maillot lyonnais se caractérisent essentiellement par de mauvais choix tactiques, une vision du jeu très limitée, et une tendance à tenter des choses impossibles et à perdre un grand nombre de ballons – ce qui explique pourquoi il est un des rares joueurs de l’OL à être régulièrement sifflé par le public du Stade Gerland. À l’issue du dernier match de la saison à domicile contre le SM Caen, il ne participe pas au tour d’honneur des joueurs, bien qu’il ait auparavant participé à la rencontre.


Arrivée à Galatasaray et essai en MLS.

Le 2 juillet 2009, Keïta signe en faveur du club d’Istanbul, le Galatasaray SK, entraîné par Franck Rijkaard pour un transfert de 8.5 M€. Il signe un contrat de trois ans avec le club.

Il s’impose très vite à son poste, notamment grâce à sa vitesse et sa technique. Keïta est très apprécié par les supporters de Galatasaray reconnus comme très exigeants. Le 6 juillet 2010, il retourne à Al Sadd Doha pour 8,5 millions d’euros, club qu’il avait quitté en 2005. Le 5 novembre 2011, il remporte la Ligue des Champions asiatique 2011 aux côtés de l’ancien lensois Nadir Belhadj et de l’ancien marseillais Mamadou Niang en battant les Coréens du Chonbuk Hyundai Motors aux tirs au but (2-2ap; 4-2tab).

Le 25 septembre 2012, il se libère de tout engagement sportif avec son ancien club après avoir remporté la Champions league Asie.

En mai 2013, il réalise un essai avec l’Union de Philadelphie en MLS. Mais il n’a jamais pu retrouvé le niveau qui était le sien. Celui qui avait alors acquis le statut de cadre se retrouve très vite mis sur la touche en sélection. On ne compte plus vraiment sur lui. Habitué à attirer la lumière sur lui, le joueur vit très mal sa mise à l’écart et c’est le début des dérapages.

Cela a peut-être été une simple astuce pour (re)braquer les projecteurs sur lui mais en un moment donné, Popito a vraiment pété les plombs.


Problèmes avec la presse.

Venu assister à un match à Treicheville, Keita fait une sortie très remarquée et attaque les journalistes sur place de façon très virulente. Le joueur en avait ras-le-bol selon ses dires d’être constamment calomnié par les représentants de la presse qui l’avaient même accusé d’être ruiné. Après le match, Popito se mit en tirer sur tout ce qui bouge et à balle réelle en plus « A cause de vous aujourd’hui je n’ai plus de club… Je mets tout journal au défi, celui qui écrit sur moi, qu’il ne mette pas son nom en bas. Je ne parle plus à la presse. Vous avez fini d’entrer dans ma vie privée. Vous avez fini de m’insulter. C’est maintenant que vous voulez faire une interview avec moi. J’attends le journaliste qui va parler de moi encore, je vais le tuer».


CAN 2015, la réconciliation nationale.

Après ses écarts, Abdelkader Keita a peu à peu retrouvé ses esprits. En 2015 après le sacre de la Côte d’Ivoire en Coupe d’Afrique, il est sorti fêter la victoire. On le voyait tout heureux, courant et dansant comme un jeune adolescent, une preuve ultime de son amour pour le maillot national. Le joueur vit actuellement en côte d’Ivoire. Il est souvent aperçu dans les soirées huppées de la place en compagnie d’autres stars du pays notamment DJ Arafat. Lors de la Coupe du monde, il intervenait souvent à la télévision en qualité de consultant.



L’après-carrière.

Abdul Abdel Kader Keita a été pendant très longtemps un joueur très apprécié en Côte d’Ivoire grâce à ses performances remarquables sur le terrain. Mais face à des incartades à répétition et des choix de carrière plutôt approximatifs, le joueur a quelque peu dévié de la belle trajectoire qui était censée être la sienne. Aujourd’hui, il est rentré dans les rangs depuis et vit désormais sereinement sa retraite. Kader Keita participe souvent à des matchs de gala. Il a enchaîné les hauts et les bas mais Popito restera à coup sûr dans le cœur des supporters ivoiriens.

Notons que ce féru de la mode, préparait déjà sa reconversion dans ce sens alors qu’il avait encore 30 ans. En 2011, alors milieu de terrain d’Al Saad Doha, il s’offre une ligne de vêtements. La présentation de sa première collection s’est faite en août de la même année.

Content created and supplied by: BKnewsinfos (via Opera News )

david beckham david ginola djibril cissé kader keita kader keîta

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires