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Anniversaire : hommage au coach Lambert Amuah

Considéré comme le père des Académiciens, le point Nodal de cette réussite humaine et footballistique a tiré sa révérence le 5 novembre 2021. Il aurait célébré son anniversaire aujourd'hui 16 novembre

Aujourd’hui c’est le 16.

Suis né un 9 novembre et toi un 16 novembre. Suis né une semaine avant toi. Je suis donc plus âgé que toi d’une semaine. Chaque 16 novembre donc, je t’appelle tous les ans pour te souhaiter un  suav’anniversaire, petit frère

-N’importe quoi. Tu réponds avant d’ajouter tes remerciements.

Ce matin 16 novembre je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas t’appeler. En fait si, je sais pourquoi. En fait, je ne suis pas très bien. Je t’écris parce que ce matin tu aurais eu 68 ans ; avec plus de 50 ans, soit un demi-siècle consacré au foot. Tu permets que je dise que tu as été le plus jeune entraîneur de foot du pays et peut-être d’Afrique. A 19 ans on t’appelait Coach. Tu étais déjà entraineur dans le staff du Stella. Puis l’entraineur du FC Ewia composé d’Eugène Marie Diomandé qui deviendra Président du Séwé, de Mucho Ouegnin et de bien d’autres que tu entraineras dans l’arène footballistique. Plus tard, à la Sotra où ça te faisais rire de conduire le bus. Et moi, j’attendais le soir que tu reviennes du boulot me raconter tes journées croustillantes avec ses clients qui comprenaient assez mal qu’avec cet accent sorti des neiges, tu sois à jouer leur chauffeur. Partout où tu passeras le foot sera semé. Malgré les carrières de diplomate souhaité par ton père diplomate ou de directeur immobilier, vœux de ton oncle. Que non ! Guide touristique, animateur culturel, c’est toi qui m’as présenté Paco Solo lors de tes années Assouindé. C’est mon frère aujourd’hui le batteur Paco Séry. Tu connaissais la musique celle de Stanley et son « I wanna play for you ».

Mais, tu as vécu pour le foot. Je ne sais pas si la Fif qui est préoccupée par ses problèmes va te décorer pour ton anniversaire. Tu sais que ce monde est immonde. Tu peux croire que Didier Drogba, Sory Diabaté et Idriss Diallo qui se connaissent se chamaillent pour un siège. Je vais voir à la Fif pour ton anniversaire. Je ne crois pas, mais laisse-moi toujours essayer, sait-on jamais. A moins que ce soit au ministère que je m’adresse. Ou à la plus haute autorité. Tu en penses quoi ?

-N’importe quoi. Tu réponds avant d’ajouter avec ton optimisme légendaire qu’ils savent que le boulot c’est nous qui le faisons et de m’inviter à les laisser tranquille car « Ils vont voir la différence »

Tu sais, le samedi 13 novembre dernier, on a fêté je ne sais trop quoi chez tes parents à Villa-cadres N°73. Ton anniversaire ? Je ne crois pas. Toujours est-il qu’on sait retrouver à plusieurs. Tu te rappelles de Salamé ? Il a KOZé et il ne tenait pas en place. Comme si le chagrin se jouait de lui et le tripotait. J’ai moi-même pris la parole au nom de la délégation de ta deuxième famille. Pas celle où Charlotte, Marino, Thomas, Albert, Dominique, Danielle, Olivier et les autres se retrouvent. Je ne parle pas de ta famille biologique. Non pas celle-là. Je parle plutôt de ta famille footballistique, ta famille passionnelle. La délégation était conduite par Jean-Marc. Il y avait Aruna Dindané, celui que tu as mis en confiance à quelques minutes du match du 7 février 1999 et qui a conséquemment marqué un but d’anthologie qu’Arsène Wenger compte au nombre des 10 plus grand buts du monde. Il y avait Baky, de Willytown passé par chez toi à Cocody avant d’atterrir à Marseille après être passé par Nice. Il y avait Tony, Patcheco qui a fait la passe à Aruna avant son but du 7 février. Romaric qui s’est fracturé la jambe par deux fois et dont le père m’a guéri d’une entorse. Il y avait Eboué, Bramko, Zézéto qui a porté l’Académie lors de ses moments de certifications de nos rêves et certitudes, Markof, le gardien russe, Diopy, initiateur de la restauration de la famille, Mohamed Gbané. Son frère Mory Gbané n’a pas pu être là à ces retrouvailles mais a déjà fait un geste en guise de participation. Kolo non plus n’a pu effectuer le déplacement. Il est à l’étranger mais son père et Chaib son frère, l’ont représenté. Jmg trouve que Bamba te ressemble, il a tellement envie de te voir qu’il tente de substituer quelqu’un d’autre. Klwartz tu es insubstituable. Lato Crespino est arrivé en retard, il était à un concert, mais il est arrivé tout de même. Marco était là. Il avait intérêt puisque tu étais à son mariage. Figo Séka Roméo aussi s’est marié. Diabis a tenté de me frapper pour me rendre tous les coups reçus quand il était élève. C’était l’époque où on pouvait ‘‘claquer’’ les apprenants. Ce n’est plus possible.

Klwatz, le 13 novembre dernier, il s’est passé quelque chose en ton absence dans la maison de tes parents. Je ne sais pas ce que nous y sommes allés chercher. Ce n’était pas encore ton anniversaire. Tu étais absent. Et nous sommes allés chercher au Texas cet amour plus fort que l’absence. Madeleine, pour qui je t’accompagnais aller conter fleurette jusqu’à Bouaké a dit à haute voix que nous étions là. Pascale, Dominique, Camille, tes trois filles étaient des retrouvailles. Quand je pense les avoir tenu quelques fois sur mes genoux. Ce n’est plus possible, ce sont des grandes dames.  

Ne te sens pas coupable de n’avoir pas été là. Tu n’es pas substituable. Toi l’absent, tu es devenu actif dans la vie des présents que nous sommes. Tu as enfoui ton nom dans nos cœurs. Je m’étonne du groupe que nous sommes en train de devenir. C’est curieux et cette curiosité a une dimension curative et fortifiante. Ton absence est venue ressouder le collectif fragilisé des présents aux fortunes diverses. Tu es désormais davantage l’acteur central de l’espace dans toutes les configurations que ta vie a pu prendre. Chacun des proches est reparti ensuite continuer sa soirée avec une dimension de toi qui s’ajoute à la dimension que lui-même connaissait. L’entièreté de ta personnalité a rayonné. C’était le 13.

Aujourd’hui 16 novembre, je te souhaite un suav’anniversaire à toi le point de corner où se cache l’espérance décalée d’un but à atteindre. Toi le pénalty qui rendra justice, toi le gant qui va à merveille aux doigts prompts à se saisir du destin d’un ballon.

-N’importe quoi L’Baron arrête c’est trop long ton truc. Tu sais j’aime pas trop qu’on parle de moi.

Je sais Willy Klwartz ; c’est juste que j’ai été enclin à écrire parce que je ne pouvais pas t’appeler. J’ai écrit parce que je ne peux plus t’appeler. Suav’anniversaire.  

 

L’Baron

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