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Sur les réseaux sociaux, on ne m'aurait pas offert une voiture si j'avais menti sur ma vraie vie


Pourquoi faut-il être vrai sur les réseaux sociaux ?


Sur les réseaux sociaux on rencontre toutes qualités de personnes virtuelles. Mon expérience m'a fait savoir que la majorité des internautes sont des vendeurs de rêve. C'est-à-dire qu'ils aiment se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, publiant des photos alléchantes d'eux dans de beaux cadres avec des légendes monta sega. En argot ivoirien, on les appelle les V.I.


. Tu es au chômage, et c'est toi qui fait croire sur Facebook que tu es un grand homme d'affaires, mais qui crois-tu pouvoir tromper ? Tu te fais du tort à toi-même, car en révélant ta véritable situation, peut-être que dans ta liste d'amis quelqu'un pourrait être intéressé par ton profil et te tendre une perche, t'ouvrir une opportunité.


Il y a une top model africaine vivant en Europe, qui faisait croire sur les réseaux sociaux qu'elle avait une vie de princesse qatarienne. Avec les années on l'a retrouvée très dépressive, dans l'indigence et vivant une vie de SDF.


On dort parfois dans ces conditions, en faisant croire sur Facebook qu'on est logé dans des palaces

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Ceux qui n'ont pas honte de leurs conditions sociales sont ceux à qui la toile profite.


Pour la petite histoire, très peu de personnes le savent, mais je suis le frère cadet à Aristide Bancé, le footballeur international. Nous sommes germains, c'est-à-dire même père même mère.

Aristide, Popolaye garagiste, LCB ( 2006 )


Depuis 2016 que j'écris sur les réseaux sociaux, mon entourage a toujours pensé que j'étais un activiste aisé, rien qu'à partir de l'image et de l'aura de mon frangin. Pourtant ma réalité quotidienne était différente. Je me devais de me battre tout seul, pour m'en sortir, sans le soutien de quiconque. Avoir un parent nanti ne rend pas systématiquement absentes de notre route, les rocailles. J'aurais pu, comme beaucoup de mes amis virtuels, m'inventer un vécu, une carapace, une vie qui n'était pas la mienne, et ils m'auraient envier tandis qu'en réalité, je me cherche... Je me rappelle qu'une année, une femme de bonne famille, sachant que je suis le frère du footballeur, m'avait approché à partir de Facebook, pour une relation amoureuse... Elle croyait que moi aussi j'avais un ''pé''. Mais quand elle a vu en moi le visage de la galère, elle s'est échappée. Baf, de toute façon elle ne m'intéressait pas, même si elle était jolie. J'aurais pu lui mentir sur ma situation. Ne suis-je pas le roi de l'imagination ? Elle avait besoin d'un homme de bonne condition sociale. Sauf que je n'ai jamais menti à quiconque sur ma vie.


Et ma vie, je la partageais à travers mes récits, sur la toile, sans aucune honte. Mes nombreuses aventures dans les gbakas ont fait réagir l'un de mes lecteurs virtuels, un fan, qui m'a fait la surprise de m'offrir une voiture de marque Audi TT en me disant : « LCB, matin midi soir tu es dans gbaka. Je t'offre une voiture, comme ça tu vas relater des histoires où tu es dans ta personnelle... »


Aurais-je eu ce cadeau de cet internaute si j'avais fait croire sur Facebook que je suis un ''dangaba'', un ''danhéré'' ? Le donateur n'aurait pas vu la nécessité puisqu'il se serait dit que tout va bien chez moi.



Alors, je pense que nous gagnons à être vrai, sur les réseaux sociaux. Les mensonges, les montages sur notre quotidien ne feront que nous mener dans le gouffre et nous enfoncer davantage. Il y a quelques temps, une jeune diplômée ivoirienne a publié sur les réseaux sociaux une photo d'elle, tenant une pancarte dans laquelle étaient mentionnés son niveau d'étude et sa demande d'emploi. Beaucoup se sont moqués d'elle. Mais son audace, son humilité et son orgueil ravalé, lui ont ouvert les portes du travail moins de 48 heures après sa publication. Aujourd'hui elle travaille dans une grande boîte. Elle a compris que sur la toile, il faut être vrai, et non y vendre de la poudre de perlimpinpin pour se donner des airs.


Sur les réseaux sociaux, on ne m'aurait pas offert une voiture si j'avais menti sur ma vraie vie. Si je monte dans gbaka, pourquoi faire croire que je me déplace autrement ? Cela m'aurait privé de ce cadeau extraordinaire.


Mon message à tous ces talents qui vivent leurs passions à partir du support du Net, c'est d'être des personnes vraies. Et surtout, compter sur soi-même. Il n'en faut pas plus pour que les portes s'ouvrent à nous, à tous les niveaux.


Louis-César BANCÉ

[email protected]

Content created and supplied by: LouisCésarBANCE (via Opera News )

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