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Etats Unis : les républicains ne cèdent pas Donald Trump toujours président

Les démocrates ont «présenté un bon dossier», a reconnu jeudi le sénateur républicain du Wisconsin Ron Johnson. Pourtant, lui comme la plupart des sénateurs conservateurs voteront pour acquitter Donald Trump, jugé en destitution pour «incitation à l'insurrection», mis en accusation par la Chambre des représentants pour avoir chauffé à blanc, pendant des semaines, ses partisans, dont certains ont fait irruption dans le Capitole le 6 janvier dernier. Les élus démocrates de la Chambre qui ont le rôle de «manager» -comme des procureurs- devant le Sénat ont «parcouru les preuves, soutenu des arguments légaux et livré une présentation très détaillée», a salué la républicaine du Maine Susan Collins, considérée comme un potentiel vote en faveur de la condamnation. «Je pense qu'ils ont fait un bon travail», a lui aussi salué le sénateur de Floride Marco Rubio, un compliment rare d'un bord politique à l'autre, mais qui n'a pas duré : «Je ne crois pas les faits qui sont largement disputés à propos de ce qui s'est passé ce jour-là ou de la nature de ce qui s'est passé. La question fondamentale pour moi, je ne sais pas pour les autres, est de savoir si un procès en destitution est adapté pour quelqu'un qui n'est plus au pouvoir. Je ne le crois pas. Je pense que cela créerait un précédent dangereux.»

En cas de condamnation de Donald Trump, ce dernier ne pourrait naturellement pas être destitué puisqu'il n'est déjà plus président. Mais cela permettrait aux sénateurs de se prononcer sur le 14ème amendement, selon lequel «nul ne sera sénateur ou représentant au Congrès, ou électeur des Président et Vice-Président, ni n’occupera aucune charge civile ou militaire du Gouvernement des États-Unis ou de l’un quelconque des Etats, qui, après avoir prêté serment, comme membre du Congrès, ou fonctionnaire des États-Unis, ou membre d’une Législature d’État, ou fonctionnaire exécutif ou judiciaire d’un État, de défendre la Constitution des États-Unis, aura pris part à une insurrection ou à une rébellion contre eux, ou donné aide ou secours à leurs ennemis». Une disposition qui ne nécessiterait que la moitié des votes du Sénat et le priverait de toute candidature en 2024

"Donald Trump sera acquitté"

Mais si certains républicains ont eu des mots durs envers Donald Trump, et dix ont voté en faveur de sa mise en accusation par la Chambre des représentants, d'autres réfléchissent électoralement : ils craignent de s'attirer les foudres de l'ancien président, toujours très apprécié parmi les électeurs républicains, et qu'il présente face à eux des candidats trumpistes aux primaires lors des prochaines élections. La peur de perdre une élection dépasse, pour certains, celle qu'ils ont eue le 6 janvier, lorsqu'ils ont été évacués en urgence après l'intrusion d'émeutiers alors qu'ils étaient en pleine certification des résultats de l'élection présidentielle.

Preuve du lien solide entre sénateurs républicains et Donald Trump : trois ont rencontré les avocats de l'ancien président jeudi, à la veille du début de leur défense. Lindsey Graham (Caroline du Sud), Ted Cruz (Texas) et Mike Lee (Utah) se sont entretenus avec David Schoen et Bruce Castor Jr dans une pièce du Sénat pour «partager [leurs] réflexions, selon le sénateur texan. «Donald Trump sera acquitté», a-t-il assuré, confiant de la loyauté des élus républicains malgré les preuves parfois accablantes. Diana DeGette, élue démocrate du Colorado, a notamment évoqué le cas de Couy Griffin, fondateur des «Cowboys for Trump», arrêté pour avoir participé à l'invasion du Capitole. En mai 2020, il avait assuré dans une vidéo retweetée par Donald Trump : «Un bon démocrate est un démocrate mort». Un partage qui avait particulièrement touché le militant : «Je sais que le président des États-Unis me soutient», avait déclaré à CBS News celui qui, un an auparavant, s'était entretenu au téléphone avec Donald Trump pendant 30 minutes.

Jeudi, les managers démocrates ont également mis l'accent sur la dangerosité de la situation pour Mike Pence. Le vice-président, auquel Donald Trump faisait des appels du pied depuis plusieurs jours pour qu'il refuse de certifier les résultats, avait refusé cette requête présidentielle. Ce qui avait plongé le milliardaire dans une colère exprimée dans un tweet publié le 6 janvier : «Mike Pence n'a pas eu le courage de faire ce qui aurait dû être fait pour protéger notre Pays et notre Constitution, donner aux États la chance de certifier des faits corrigés, pas les frauduleux ou incorrects qu'on leur a demandé de certifier avant. Les USA demandent la vérité!» Le message avait été envoyé à 14h24, heure locale, alors que Mike Pence venait d'être évacué en urgence du Sénat. Les images de vidéosurveillance diffusées mercredi ont montré que les émeutiers, dont certains avaient appelé à «pendre Mike Pence» ne se trouvaient qu'à 30 mètres du vice-président deux minutes avant qu'il ne soit précipité vers l'extérieur du bâtiment. Donald Trump ne pouvait pas l'ignorer : après avoir harangué la foule venue à Washington pour la manifestation «Stop the Steal», il avait passé la journée à regarder la situation à la télévision, tardant à réagir publiquement pour appeler au calme, rappelle le «Washington Post». Un retard de réaction qui a choqué au sein même de son administration, entraînant plusieurs démissions parmi certains historiques de la Maison-Blanche.

Content created and supplied by: Beauvoir (via Opera News )

Donald Trump

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