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Bamba Alex Souleymane fait le grand déballage et l'analyse du football ivoirien

Le journaliste émérite est un passionné de sport et de football. Et pour cause, Bamba Alex Souleymane a été membre du Comité exécutif de la Fédération Ivoirienne de Football (2002-2011), secrétaire permanent du Jury des Oscars de la FIF (2005-2011). Également Conseiller des Premiers ministres Seydou Diarra, Guillaume Soro et Charles Banny, il a été un personnage de premier plan dans les domaines du sport et de la culture durant plusieurs années. Dans une interview accordée récemment au journal Le Sport, il a passé en revue les acteurs importants et fait montre de ses connaissances du monde du football. Nous avons sélectionné de larges extraits de cette entrevue. 

 

La marque Jacques Anouma

« Jacques Anouma est parti de lui-même alors qu’il aurait pu continuer. Et il devait poursuivre son œuvre du fait des acquis : participation à deux coupes du monde, un niveau de représentativité dans le monde footballistique très élevé, des joueurs révélés dont la base était portée par l’académie mimosifcom. Jacques a eu la chance d’être coopté à un niveau très élevé et relevé. Il a gagné le pari d’être directeur financier d’Air France en Côte d’Ivoire et directeur administratif et financier de la Côte d’Ivoire. C’est la perfection de la gestion du service public qu’il faut voir, et cela donne la mesure de la probité morale de l’homme. Il a géré la fédération ivoirienne de football avec un tel brio que personne n’aurait pu lui soupçonner. Il y a imprimé un savoir faire, une vision, une justesse du choix des hommes qui l’ont accompagné dans cette aventure fabuleuse et merveilleuse. Il a bâti la « génération dorée » qui succède à la génération des Konan Yobouet, Laurent Pokou, Kallet Bialy, Jo Bléziri, Maurice Déhi, Diagou Mathias, Tahi François ou encore Moh Emmanuel, c’est-à-dire ceux qui construisirent l’histoire du football ivoirien avec un grand H, dont les empreintes sont encore visibles aujourd’hui. Cela vous démontre la qualité de ce que Jacques Anouma a réussi à faire. Il est clair que la passion qui nous a animés dans le championnat était très relevée à l’époque. Mais, aujourd’hui, nous sommes unanimes à reconnaître la baisse quasi perceptible du niveau du football après son départ, le manque criard de joueurs qui fassent se lever les foules. Jacques Anouma a fait jouer sa notoriété, son prestige, son leadership en tant que président de la fédération et sa proximité avec le pouvoir exécutif de la République pour attirer des joueurs de la trempe de Didier Drogba. Et il avait autour de lui des personnalités comme Idriss Diallo et Sory Diabaté».

L’hommage à Zapka 

«J’ai rarement vu un homme aussi brillant être aussi modeste comme Zakpa Komenan Roland. Il a été ministre des sports et ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Il a eu la culture et la pratique de l’homme comme nos anciens le pratiquèrent-ils, avec beaucoup de détachement. C’est une grande perte. Je ne sais pas si la Côte d’Ivoire a pu apprécier à sa juste valeur ce grand homme de culture, du savoir. Il était d’une telle densité, d’une telle profondeur. A lui seul, il recelait de qualités humaines, intellectuelles et professionnelles, mais était d’une simplicité proportionnelle. C’est une grande perte, mais ses œuvres sont là». 

...et à Sidy

«Sidy, paix à son âme, c’est mon jeune frère. Le vieux (NDLR : Abdoulaye Diallo), c’est mon père. Pour la petite histoire, lorsque feu Dieng Ousseynou, mon ami et frère, fut élu président de la FIF, il sollicitât feu Amadou Diallo (NDRL : frère aîné de Sidy Diallo) pour faire partie de son comité exécutif. Après concertation de la famille, c’est moi qu’elle a commis à la tâche pour dire à Dieng Ousseynou que Amadou Diallo étant occupé, la famille acceptait que Sidy le remplace. Voilà comment Sidy Diallo est arrivé à la fédération ivoirienne de football. Tout le monde connaît le rôle important qu’il a joué, sa rigueur. Il était intraitable. Ça peut gêner, mais c’est sa nature et il gagne. La preuve, on remporte la Coupe d’Afrique en 1992. Puis, après, une finale en 2006, une autre en 2012. Il a participé au premier mandat de Jacques Anouma en tant que deuxième vice-président de la FIF, Feh Kessé en était le premier. Le fonctionnement optimum de la FIF, à l’image des fédérations européennes, était également de son fait. Puis, pour des raisons personnelles et professionnelles, il a pris du recul. Après la crise postélectorale, le mandat de Jacques Anouma venait à expiration. Le choix d’un homme de qualité qui ait du vécu, qui ait du charisme, qui ait aussi les moyens, était devenu une nécessité pour lui succéder à la tête de la fédération. Aussi, lorsque l’opinion finit par savoir que c’était lui et que les clubs, qui sont les électeurs, le firent par rapport à son vécu, à sa personnalité, à ses qualités managériales, il devint le président. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, il remporta une autre Coupe d’Afrique en 2015.»

Amichia, l’homme qu’il faut

«C’est “the right man at the right place” : l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il connait comment fonctionnent les institutions de la république. C’est aussi un homme de consensus. C’est un historien. Il connaît l’histoire des peuples et des nations. Donc, sa relation avec les uns et les autres est une relation fluide. Intellectuellement et socialement, il vient de Treichville, la commune par excellence qu’Houphouët a bâtie, où il a mis différents peuples et différentes ethnies les uns à côté et des autres. C’est la cité du partage, de l’amour et du vivre ensemble. La cité « n’zassa ». Forcément, avec Amichia, c’est la même expérience. Ses années de ministre le ramène à l’époque où il était patron des s u p p o r t e r s (CAN 98 au Burkina Faso, CAN 2000 au Ghana, CAN 2002 au Mali). Il connaît les acteurs du football, les responsables de cette discipline au plan continental, les exigences des grands championnats de football. Il connaît la sociologie et psychologie des Ivoiriens. Il a cet a v a n t a g e énorme. Le président de la République a choisi le profil idéal. François Amichia ne peut que réussir l’organisation optimale de la CAN 2023, avec des infrastructures qui auront été achevées à temps, avec tous les différents acteurs : les supporters, les présidents de club, la presse, etc. C’est un excellent chef d’orchestre.» 

‘’Je n’ai pas apprécié le CONOR’’

« Je le dis tout net : je n’ai pas apprécié et je n’ai pas approuvé. Il s’agit d’un Etat souverain, dirigé par un président à dimension planétaire, le président Alassane Ouattara. Puis, parce que tout simplement il y a des incompréhensions et non des contradictions inextricables, une situation qu’on pouvait gérer en toute intelligence, la FIFA vient imposer à la République de Côte d’Ivoire un comité de normalisation. Au départ, je ne comprenais pas bien. J’ai voulu même comprendre et apporter ma contribution. Je me suis dit, comme les frères ne s’entendent pas, peut-être sans doute nous qui avons l’expérience, la culture du football, pouvions apporter de l’éclairage. En plus, j’ai une notoriété quand même dans la presse et comme tel, c’est un atout au niveau d’un dossier international. J’ai eu le ministre Danho Paulin (NDLR : le ministre en charge des sports) qui m’a expliqué un peu. Il n’a pas été très explicite. C’est mon ami, je sais. Donc, j’ai arrêté et j’ai regardé. J’ai suivi les débats. Et jusqu’aujourd’hui, l’Ivoirien fier que je suis, n’apprécie pas et n’approuve pas. Ce qui n’est pas à confondre avec la personne de Mme Dao Gabala (NDLR : présidente du comité de normalisation de la FIF) ou d’Abé Adou Simon.»

Ses projets

«A la vérité, je suis un homme politique. J’ai des partenaires nationaux comme internationaux. J’étais un peu loin des stades de football, mais il va falloir les retrouver parce que c’est notre violon d’Ingres. Nous aimons cela. Et quand on nous voit, ça fait plaisir aux gens nostalgiques. Qui peuvent se dire qu’il faut remplir les stades à nouveau, créer l’émulation, donner l’envie, pousser les joueurs à s’améliorer pour qu’ils méritent de la grande Côte d’Ivoire qui est perchée au niveau où elle est aujourd’hui sous le magister du président Alassane Ouattara. C’est cette dynamique nouvelle que nous allons apporter à l’ensemble des sports, le football, mais aussi le basket, le handball, le volley, les arts martiaux, etc. Pour que ce pays qui est un grand pays de sport retrouve son lustre d’antan dans ce domaine.»

Content created and supplied by: Franck_K (via Opera News )

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