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Education nationale: pour avoir des affectés, on demande au privé ce qui n'existe même pas au public

Nous faisions une publication sur une réunion tenue par la DEEP régionale de Daloa. A cette réunion, la directrice régionale a levé un coin de voile sur les critères imposés au privé pour espérer recevoir des affectés de l'État. Il y avait dans le compte rendu à nous transmis cinq critères qui sont les suivants :

1) Avoir une homologation ou une reconnaissance;

2) Avoir un résultat supérieur à 33% au BEPC

3) Tout le personnel doit avoir une autorisation d'exercer;

4) tout le personnel doit être déclaré à la Cnps et la liste de tous les permanents et leurs salaires;

5) Disposer d'une bibliothèque équipée, d'une salle d'informatique, des infrastructures de qualité, les équipements de laboratoire, les différents rapports et les niveaux des compétences de chacun de nos employés.

Parmi ces cinq critères, c'est la dernière qui a attiré notre attention. Le premier constat est qu'on demande au privé de disposer d'une bibliothèque équipée. C'est bien de demander cela au établissements privés. Mais la question est de savoir combien d'établissements publics en Côte d'Ivoire dispose d'une bibliothèque équipée.

Ensuite une salle informatique. Ça aussi c'est bien de demander, mais en face dans les établissements publics, nous posons la même question : combien de collèges ou lycées publics ont des salles informatiques ?

Enfin l'on demande aux établissements privés des équipements de laboratoires. Ici, avant même de parler d'équipements, on se demande combien d'établissements publics ont des laboratoires. Si l'on essaie de faire un sondage, nous verrons qu'il y a des milliers d'élèves de nos lycées et collèges publics qui n'ont jamais touché ni même vu une éprouvette graduée encore moins un microscope ou un Becher à bec, simplement parce qu'il n'y a pas de laboratoires.

Nous comprenons bien que le ministère de l'éducation nationale et de l'alphabétisation veut pousser les établissements privés à cultiver l'excellence dans leurs procédures pour la formation des élèves qu'on leur confiera. Mais s'il advient que tous ces critères sont cumulatifs pour avoir des affectés de l'État, nous doutons fort qu'un seul établissement privé ait des affectés à l'avenir.

Mais les fondateurs d'établissements privés sont des opérateurs économiques ayant une forte capacité d'adaptation. Et nous croyons que si ces critères leur sont imposés, ils feront l'effort de se mettre à niveau pour espérer avoir des affectés, gage de retombées financières substantielles.

Content created and supplied by: yakouser (via Opera News )

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