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Tous les jeunes "opérateurs économiques" et ces "influenceurs" sur les réseaux le sont-ils vraiment?

Vous l'avez sans doute constaté, puisque c'est devenu un effet de mode. Plusieurs flambeurs, des jeunes qui brûlent la vie par les deux bouts, en claquant des grosses sommes d'argent en boîte de nuit sont présentés (où se présentent eux-mêmes) sous le vocable d'"opérateurs économiques". Pour s'en convaincre, il suffit de faire un tour dans certaines discothèques ou des bars branchés d'Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Youpougon, Deux-Plateau, Angré, Zone 4 ou Briétry. Des communes et quartiers où certains oiseaux de nuit se cachent pour...vivre la vie ! D'autres ont même réussi à se faire adopter par des artistes qui chantent leur nom, ou les Deejays, lors des chaudes soirées en discothèque. En décembre 2020, deux jeunes hommes présentés comme des "opérateurs économiques" avaient dépensé respectivement 3 millions et 5 millions de FCFA chacun, en une nuit. 

Leurs comptes sur les réseaux sociaux ont de nombreux abonnés. Et des jeunes n'hésitent pas à les prendre comme des modèles de réussite sociale, même si l'on ignore leurs activités. 

L'opérateur économique est "toute personne physique ou morale, publique ou privée, ou tout groupement de personnes doté ou non de la personnalité morale, qui offre sur le marché la réalisation de travaux ou d'ouvrages, la fourniture de produits ou la prestation de services" (d'après le site marche-public.fr).

(Facture de la consommation d'alcool d'un client et sa suite dans un bar de Yopougon, à plus 3 millions, en décembre 2020)

Une autre catégorie de jeunes, notamment au sein de la gent féminine, sont ainsi perçus comme des influenceurs. 

Le clinquant et un train de vie de rêve accompagnent souvent les clichés postés sur leurs comptes respectifs sur les réseaux sociaux. Si certains mènent des business connus, pour d'autres par contre cela reste un mystère.

(Une business woman supposée attirer la clientèle et des abonnés sur sa plateforme)

Suffit-il d'avoir des milliers d'abonnés sur une page Facebook par exemple, pour être un influenceur numérique ? Pas si sûr. 

Selon le site e-marketing, "un influenceur est une personne qui utilise un blog et/ou tout autre support (forums, réseaux sociaux et communautés) pour diffuser ses opinions auprès des internautes et qui est capable d'influencer ces derniers en modifiant leur mode de consommation". Le site va plus loin en expliquant que l'influenceur peut être sollicité par des entreprises pour être ambassadeur d'une marque ou d'un produit. Cela suppose qu'il a une connaissance dans le domaine, en plus d'être populaire.

Il y a trois catégories d'influenceurs. Les blogueurs influents, les évaluateurs (qui notent et donnent leur opinion sur des produits) et les sentinelles (qui repèrent les nouveautés et donnent des informations fraîches à ce sujet). 

L'influenceur dispose donc d'un compte (Facebook, Instagram, Twitter ou un blog) sur lequel il informe, renseigne le public ou ses abonnés dans un domaine précis. Il peut être un simple citoyen, un artiste, un politicien ou justifier d'une certaine connaissance.

En termes d'influenceurs en Côte d'Ivoire, on peut citer par exemple Mathias Kouadio (Abidjan times), David Dolegbe et Cédric Kouakou (Akpany blog), Stéphane Kouakou (I am Stéphane K), Tchonté Mireille Silué (les chroniques de Tchonté). Une liste non exhaustive. Ces derniers ont reçus le prix des meilleurs blogueurs ivoiriens le 15 septembre 2017, à l'hôtel Belle Côte d'Abidjan, en présence du représentant du ministre des TIC, alors parrain de la cérémonie. 

Entre autres fleurons de la blogosphère ivoirienne, il y a Israël Yoroba, Mohamed Diaby, Cyriac Gbogou, Nnenna, Yehni Djidji... Ce ne sont pas des noms forcément connus du grand public. Pourtant, ils ont créé des lucarnes sur la Côte d'Ivoire à l'extérieur, avec la diffusion de contenus originaux, la production d'informations alternatives, parfois avec l'expression typique des Ivoiriens. Ils ont la confiance des partenaires. 

À côté de ceux-ci, il y a le digital Entrepreneur. C'est une personne dont le modèle d'affaires s'appuie sur les outils numériques.

En somme, il ne suffit pas d'avoir plusieurs abonnés sur un média social pour être un influenceur. Il est vrai que des célébrités vendent par exemple leurs produits en ligne, en surfant sur leur notoriété. C'est tout à fait normal. Mais certaines d'entre elles (des femmes), présentées comme des influenceuses ou des business women, semblent mettre plus en avant leurs attributs féminins plutôt que leurs produits.

(Juste Crépin Gondo, digital Entrepreneur)

Toutes choses qui ont fait dire à Juste Crépin Gondo : «Je n'ai rien contre les femmes qui sont dans des réseaux de prostitution de luxe, mais ne faites pas croire que vous êtes des entrepreneures et des battantes en vendant du rêve auprès de celles qui vous suivent», écrivait-il, cité par First Magazine le dimanche 18 juillet 2021. «C'est dangereux pour une femme de compter sur ses attributs féminins pour acquérir le luxe», commentait un autre.

Vérité ou pas ? En tous les cas, il existe des femmes sérieuses et battantes. Mais certains jeunes à travers leur vie débridée et des pratiques peu recommandables n'ont-ils pas donné raison à ceux qui pensent comme Crépin Gondo ? Chacun peut s'en faire son opinion.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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