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Les Cascade de Man, un joyau en souffrance.

De retour d'un séjour dans le Bafing, nous avons fait escale à Man dans le but de visiter les célèbres cascades qui ont toujours attisé notre curiosité depuis notre tendre enfance. En effet, les commentaires qui nous parvenaient relevaient du merveilleux. Surtout les commentaires sur les chutes d'eau et le pont de liane ont suscité en moi pendant cinq décennies l'envie, le désir et la curiosité de visiter ce lieu. Cette occasion s'est présenté le 11aout dernier alors que je revenais d'un séjour dans le Bafing. J'avoue qu'après cette visite de ce lieu dont le désir de visite m'a tant tiraillé pendant cinq décennies, j'ai été pris par un sentiment mitigé de satisfaction et d'insatisfaction.

La satisfaction vient du fait que j'ai réalisé un rêve d'enfance en visitant ce lieu mythique. Le cadre verdoyant, assorti de la fraîcheur des lieux a été on ne peut plus enchanteur. Mais, le sentiment d'insatisfaction a été causé par l'entretien et la gestion du site.

D'abord pour un site qui a une telle renommée, la voie d'accès est exécrable. C'est un véritable parcours du combattant. Je n'ose même pas vous décrire la difficulté avec laquelle notre 4x.4 a eu du mal à parcourir la petite distance qui part du rond Point à la cascade. Les voitures basses ne peuvent même pas rêver emprunter le chemin. Et dire qu'au delà de la cascade se trouve centre émetteur de la RTI qui est un outil indispensable pour le pays profond. Et pourtant, l'accès est payant. Chaque visiteur déboursé 300f pour le ticket d'accès et 500f pour le parking réalisé par Côte d'Ivoire Tourisme. Selon les guides sur place, le site est un lieu sacré du village de Zadèpleu qui chaque année, procède à un sacrifice qui nécessite un boeuf pour respecter la tradition et les esprits qui sont maîtres des lieux. Toujours selon notre Guide Adolphe, qui dit être le fils du chef du village de Zadèpleu, village dont dépend le site, jusqu'en 2018, le village ne tirait aucun profit financier de l'argent que génère le système de paiement de l'accès au site. Tout l'argent revenait à la Mairie, qui ne contribuait pas à l'achat du boeuf annuel pour le sacrifice. Ce n'est qu'après l'arrivée de la nouvelle Municipalité en 2018 qu'à partir de 2019que celle a rétrocédé 40% des recettes au village et garder 60%. Mais elle ne contribue pas à l'achat du boeuf pour le sacrifice annuel qui a lieu un lundi. Ce jour-là, le site reste fermé aux visiteurs toute la journée selon notre guide. Pour les villageois, la Mairie doit contribuer à l'achat du boeuf, vu qu'elle engrange plus de d'argent dans le partage. Du côté de la lMairie en l'absence du responsable en charge du site son secrétariat confirme la répartition. Mais justifie cet état des faits par le fait que c'est la Mairie qui fait les travaux lourds liés aux sites. Comme l'entretien routier et l'aménagement de l'enceinte du site. Et pourtant, le pont de liane n'existe que de nom. Il est hors d'usage. En outre, les lambeaux que nous avons vu ne sont pas des lianes, mais plutôt des fibres synthétiques que l'on utilise pour confectionner les filets et hamacs synthétiques.

Comme on le voit, les deux parties sont à couteaux tirés sur la gestion des fonds générés par le site. Je crois que l'État de Côte d'Ivoire par le truchement du Ministère du Tourisme gagnerait à reprendre les choses en main afin d'y instaurer une gestion efficiente pour le bonheur de tous. Aujourd'hui, comparaison n'est pas raison, mais force est de connaître que depuis l'instauration des péages routiers, les routes qui génèrent des fonds sont bien entretenus. Pourquoi ne pas copier cet exemple dans le tourisme ?

Content created and supplied by: GUIMARAES (via Opera News )

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